Eyedea & Abilities « By The Throat » @@@@


C’est pas tous les jours que l’on tombe devant un tableau pour illustrer la pochette d’un album hip-hop progressif, mais ça se fait de plus en plus souvent en ce moment (les derniers Ill Bill, P.O.S., Aesop Rock…). Ça change des graffitis. By The Throat, le troisième album de Eyedea & Abilities sorti chez Rhymesayers Ent., arbore une aquarelle signée par Michael Caughan aux traits précis en perspective, décrivant le coin d’une pièce avec parquet, cheminée,… et il y a une fenêtre où déborde des centaines de canons de fusil, de pistolets, de missiles, mitraillettes… Chacun ira de son interprétation, celle qui me vient en premier est le sentiment d’insécurité qui s’installe dans les foyers, la guerre et la violence qui – faute de frapper à notre porte – s’insurge par la fenêtre.

Avant de mettre vos vilains doigts tout sales dessus, vous kiffez la fusion rap/rock d’abord ? Si oui, par ici l’entrée.

Eyedea et Abilities forment une paire MC/DJ qui aiment faire du son mutant entre hip-hop et rock, qu’il soit hypernerveux ou spleen. Plutôt intellectuels dans leur genre – it means « ne cherchez pas des paroles de décérébrés pas contents de la société » -, ce duo actif depuis dix ans offrent un album où des textes abstraits s’accordent sur des instrus clairs, nets et précis, où les guitares dominent notre humeur et les habiles scratches d’Abilities se font sentir comme des coup de fourchettes dans la peau (« Spin Cycle », le trip-hopeux « Junk » et l’optimiste baignant dans le mélancolique « Smile »). Les réflexions sont riches en métaphores et le facteur psychologie met notre cervelle en ébullition, quand ce n’est pas notre sang. Eyedea met aussi en exergue son flow au debit régulable selon l’intensité du titre, époustouflant lorsqu’il mitraille ses vers sur « Forgive Me For My Synapse » pour un cours de neurologie en une minute chrono et s’énerve sur « Junk ». Un truc de ouf. Son sens de l’ironie a de quoi faire sourire si on prend ses propos au 2e (voire 3e degré) les paroles de « Factory », parallèle entre mode, culture et consommation qu’il conclut par « you’re so hip-hop, you’re so punk-rock, you’re so cliché ». L’instrumental de ce titre est on ne plus brutal, c’est le chao à chaque refrain. Pour savourer des moments de calme avec le magnifique « Spin Cycle » quand la rythmique des batteries n’imposent pas à Eyedea d’accélérer son flow. Mais c’est un très beau titre.

Pfiou, ça décoiffe les e&a, ça remet les idées en place.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. organix dit :

    Bien kiffé mais c’est chelou comme album quand même.

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  2. Crazy Horus dit :

    Commandé mais pas encore vraiment écouté, je l’ai chopé à l’arrache les yeux fermés. On verra le résultat mais vu les critiques dont la tienne ça a l’air d’être bon.

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