Trillville « Straight Up, No Chaser » @@@


J’aurai très sincèrement voulu vous parler de I Pledge Allegiance To The Grind II de Killer Mike car c’est un MC d’Atlanta que je respecte énormément, parce qu’il est ‘real’, super balaise et faisait partie de la famille Dungeon Family avec les Outkast (avant qu’il se frite brutalement avec Big Boi en claquant la porte de son label Purple Ribbon). J’ai jeté une oreille vite fait sur cet album et je vous avoue avec embarras que je n’ai pas eu le courage de le chroniquer. En toute honnêteté, c’est un disque vraiment énorme, massif, mais très long et trop homogène, ce qui fait que j’ai lâché prise en cours de route. J’ai nettement préféré Ghetto Extraordinary (que j’ai téléchargé par la biais du site HipHopDX) à celui-là, qui mérite tout de même selon moi un @@@@. Mais ce n’est pas par fainéantise que j’ai fait l’impasse sur la chronique de IPATTGII, ça n’a rien à voir avec le fait que j’ai trouvé ce disque chiant à la longue, l’envie n’était pas là simplement.

Ce n’est pas du tout comme avec les solos de Rocko (la fausse réplique de Young Jeezy et Yung Joc qui se dit « la meilleure invention depuis le micro-onde ») et Shawty Lo des D4L avec Units in the City (à moins de kiffer la snap music), qui paraissaient tellement nuls que je n’avais pas envie d’y prêter attention une seule fois (ou alors pour confirmer que c’est pourri ce qui entre nous serait une perte de temps). Il n’y avait qu’à lire les critiques sur les sites US pour comprendre. Du coup, je me suis demandé entre le Trillville ou le nouveau MJG qui valait plus le coup. Il y a tellement de trucs qui sortent en ce moment que ça devient infernal de jeter une oreille sur tout…Ayant aperçu des avis favorables concernant le Trillville, je me suis rabattu en premier sur Straight Up, No Chaser.

 

Les Trillville furent découverts par Lil Jon, qui les signa fut un temps sur son label BME Recordings. Il permit de révéler ce trio originaire d’Atlanta, composé de Don P, Lil Atlanta et Dirty Mouth, sur sa compilation King of Crunk and BME Recordings present : Lil Scrappy & Trillville, grâce à leurs hits « Neva Eva’ », « Get Some Crunk In Yo System » et « Some Cut ». Le buzz s’amplifie d’autant plus que Lil Jon roule sur l’or et le platine en 2004 avec son Crunk Juice et la clique BME est prête à éclater au grand jour. Les Trillville lancent sur cette lancée leur nouveau single complètement guedin « Nothin’ Less » qui mélangeait Crunk et Snap Music. Trillville Reloaded prévu chez Warner pour 2005 s’annonçait comme une usine à tubes pour club sudistes mais malheureusement pour eux, cet album termina mort-né.

Entre temps, Don P essuya un procès pour viol (au cours duquel il finit par être acquitté) et Dirty Mouth quitta le groupe après avoir crié ras-le-bol et pour aspirer à une carrière solo. La maison de disque laisse tomber le duo et Lil Jon ne fait plus attention à eux, trop occupé à taffer sur son très anticipé Crunk Rock. Qu’à cela ne tienne, les Trillville repartent en studio enregistrer Access Granted, qui finalement devint Straight Up, No Chaser. Cet album est sorti il y a quelques semaines de ça dans l’indifférence quasi totale, la faute à une promotion inexistante. Mais, ceux pour qui l’attente est demeurée intacte, cette sortie n’a pas échappé aux fanas de son crunk made in ATL.

 

Par précaution, il est recommandé avant de passer l’album à fond les watts de laisser son cerveau rangé dans un coin à l’abri des refrains gueulés répétés et des rythmiques crunk lourdingues aux arrangements de synthés hypnotisants. Dès le départ, je déconseille formellement cet album aux pseudo-intellectuels défenseurs du hip-hop conscient, pour qui ce disque représenterait une ignominie réservée aux demeurés en baggy cachant sous leur casquette un QI proche d’un pigeon mazouté. 

Passé cet avertissement ‘attention aux ravages que peut provoquer ce disque’, c’est parti pour une heure de pure crunk music déjantée et délirante. Lil Jon absent à la production de Straight Up No Chaser, c’est Don P qui s’en occupe intégralement, de « Life So Good » aux explosifs « Real Recognize Real » et « Showin’ Out ». Pratiquement tous les instrus sont calibrés pour les clubs et les rodéos sauvages dans les rues d’Atlanta en gros 4×4 customisé. Dans cette monstruosité (prenez-le comme vous voudrez mais prenez-le) qui ressemble à du Three 6 Mafia pour attardés mentaux où le sirop coule à flot (« Got That Purp »), les Trillville ne manquent pas de témoigner leur gratitude envers Pimp C dans leur introduction, puis plus loin leur soutien envers le King of the South sur « T.I. Gunz ». Cette track a sûrement dû être enregistrée pendant la période de détention de T.I. entre Octobre et Novembre 2007 car Don P et Lil ATL réclament sa libération avant de scander « we got T.I. gunz ». 

 

Un premier album des deux Trillville aurait pu faire éventuellement un carton il y a trois ans, c’est dommage. Cette bombe énergisante réalisée dans des conditions pas du tout avantageuses niveau buzz s’en sort grâce à des hymnes crunk hypernerveux et efficaces qui risquent de faire échos un moment dans les boîtes crâniennes. Je le redis, c’est dommage, parce que ce groupe – selon moi – méritait d’avoir autant de succès que des D4L ou Dem Franchise Boyz. 

Postez vos avis!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.