Wiley « Playtime is Over » @@@@


On parle souvent d’exception culturelle française dans le monde de l’art. Le rap est une forme d’art, un art de rue comme on le dit souvent, et pourtant cette musique fait exception à cette exception dans l’Hexagone. L’un inhibe l’autre et ça s’annule. Où est alors cette fameuse exception culturelle française au sein du rap français ? Allons voir ailleurs si nous y sommes… Nulle part en France. Mais dans notre continent, l’Europe, il y a quelques exceptions question sous-genres de rap, des variantes qui font la différence par rapport au modèle états-unien. Destination l’Angleterre, pays où la monarchie est régie par l’anticonformisme.

Garage et 2 Step sont deux styles qui ont émergé de la scène anglaise, au même titre que le Broken Beat et le Grime, qui dérivent respectivement du Funk et du Hip Hop. Le Grime, c’est du rap véner aux rythmes saccadés sur fond de synthés technoïdes aux ambiances généralement brumeuses et grisantes, tel un Automne anglais. Intéressés ? Voici à votre disposition Playtime Is Over (Big Dada/PIAS), le troisième opus de Wiley, un des meilleurs représentants en la matière. L’entrée en matière avec « 50/50 » et « Bow E3 » est un pur réveil matin qui nous cueille à froid après avoir passé la nuit à faire la fête en boîte de nuit. Les traits tirés par cette acclimatation aux uptempos britanniques, Wiley continue de rimer en deuspi grâce à son flow fonctionnant à l’énergie anxio-voltaïque. Et ne vous y méprenez pas, « Gangsters » n’est pas de la Crunk, ou sinon vous vous reprendrez une méchante cuite sur « Stars ». 

Après avoir laissé un orage miniature pleuviner dessus son crâne de stressé de la vie, Wiley passe une par une phase dépressionnaire (« Nothin About Me »), vite consolé par un appel à la chair (« Come Lay With Me »), sans pour autant troubler la grise mine affichée de l’album. Et tant qu’à faire, autant achever sur une mauvaise nouvelle : Playtime Is Over est et sera le tout dernier album de notre « Eski-Boy ». Il laissera avant de partir une « Letter 2 Dizzee », un remerciement au jeune surdoué Dizzee Rascal, la valeur sûre d’une scène Grime à l’avenir relativement radieux. Pour en revenir à ce qu’il faut retenir de l’album, celui-ci est déconseillé aux gens heureux.

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