Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

T.I. « I’m Serious » @@@@


Avant de s’être auto-courronné King of the South et légende urbaine (Cf son 3e LP), Clifford Harris dit T.I. était une tête brûlée de Bankhead avec un don certain pour le rap. 2001, la scène d’ATL poursuit son influence grâce aux Outkast, Goodie Mob, Jermaine Dupri et maintenant Ludacris et lui. Il avait aussi le surnom de Tip mais ça risquait de le confondre avec Q-Tip. Bref. Il sort en 2001 I’m Serious, premier album en major (chez Arista, pas Atlantic) et ouais, le jeune homme qui venait de fêter ses 21 ans ne déconnait pas.

Dès la troisième track « Dope Boyz », T.I. évoquait déjà ce qu’était la trap, rappel qu’il en est l’un des précurseurs shawty. Le titre est produit par le légendaire DJ Toomp également précurseur de ce style de rap. Les influents Neptunes étaient également sur le coup en signant la tuerie « I’m Serious » et le moins connu « What’z Yo Name », un exercice de présentation assez classique avec un Pharrell très pénible au refrain. Ce qu’on découvre au fil des tracks de cet ancien dealer (« What Happened », « You Ain’t Hard »), c’est un rappeur très sûr de lui, avec un charisme de ouf, au point de se permettre des morceaux plus « séduisants » pour pas dire crossover (« Chooz U », « Hotel » avec Too Short).

Le titre que T.I. produit lui-même s’appelle « Grand Royal » et c’était une vision de l’avenir, la marque des grands était déjà là, même si beaucoup ne l’ont pas pris au sérieux à l’époque. La suite de l’histoire lui donnera raison. Le rappeur d’ATL avait déjà tout pour réussir : la dalle, des putains de lyrics, un très bon flow, un passif lourd, l’attitude, des désirs de grandeur, une clique (les P$C) et des producteurs de renom comme Toomp, Jazze Pha, les Neptunes et ce monstre de Lil Jon (le remix de « I’m Serious » avec les dingos Bonecrucher, YoungBloodz et Pastor Troy).

Mais alors pourquoi parle-t-on si peu de cet album et de ses indéniables forces et qualités? Réponse : Parce qu’il s’est mal vendu… Même pas 300 000 exemplaires en tout, c’est faible. Mais plus d’excuse, aujourd’hui vous pouvez revivre (le début de) l’histoire du rappeur, et de la trap music. J’ajouterai pour finir que c’est l’unique album de T.I. chez Arista (filiale de Sony), le rappeur était mécontent de ce label et des mauvais chiffres. Il rebondira très vite chez Atlantic et sa carrière a enfin pu décoller avec Trap Muzik…

LA NOTE : 16/20

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