Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

MF DOOM « Operation Doomsday » @@@@@


1999, une année déterminante pour le hip hop indépendant avec l’influence grandissante de labels comme Stones Throw et Rawkus, le haut-standing du rap underground. Aussi apparut une singularité, le supervillain MF Doom. Le monde découvrit les super-pouvoirs de ce curieux personnage le 19 Octobre de cette année-là, avec l’Operation Doomsday…

Mais avant d’être un méchant masqué, Daniel Dumile était un humain, un britannique même, surnommé Zev Luv X dans les années 90, membre du groupe KMD avec son frère Subroc. Celui-ci fut tué sous ses yeux et Daniel en fut marqué à vie. Il émigre alors à New-York pour fomenter sa vengeance… Après des années de galères, de nuits sans toit, de squattage de open-mics, il change de nom et pour garder un certain anonymat, s’affuble le masque du personnage de Comics le Dr Doom, nemesis des 4 Fantastiques. C’est aussi presque le même masque aussi que le héros du film Gladiator. Sauf qu’il n’est pas docteur, son préfixe est MF, tantôt pour ‘metal face’, tantôt pour ‘metal fingerz’ (quand il produit avec des moyens rudimentaires). Viendront de multiples surnoms, MF signifie presque Multi Facettes (et Mother Fucking haha).

Ce plan de domination que l’on peut décrypter d’un microscopique diamant ou laser sur une platine idoine, venons-en. Album qui n’aurait jamais vu le jour sans MF Grimm (et sa chaise roulante), Big Lou (RIP) et le dénicheur de talents slash animateur radio de légende, Bobbito. Et quitte à être fan de Comics, autant faire une cover art qui soit dans le thème ! Operation Doomsday est intégralement produit par MF Doom-même avec les moyens du bords, des samples vintages/throwback, extraits de séries TV, cartoons et vieux films. Il y a un côté pop art dans tout ça, inédit pour l’époque. Et que dire des caisses qu’il utilise. Voilà, sa signature fumeuse/fameuse était là, super-original. Un patchwork devenu univers.

Caquette retournée mais le masque de fer toujours sur le nez, ce premier album est très axé sur le emceeing, rien qu’à voir les tracks (« Gone With The Flow », « Rhymes Like Dimes », « The Mic »). Les couplets ? Anthologiques, quand on peut capter ce qu’il raconte (c’est hyper abstrait). Tous les titres sont cultes à vrai dire (même les nombreux skits), à commencer par « Doomsday » qui sample Sade. Il réalise tout de même des clips à l’image de ses moyens, c’est-à-dire low-budget, comme celui de « ? » avec Kurious, juste une modeste célébrité.

Les bases étaient bien là, tellement bien là qu’il recyclera ses beats inimitables de nombreuses fois, dont certains présents ici. Très fâcheuse manie de ce sacré personnage… qui en créera d’autres !! King Geedorah, Viktor Vaughn,…

LA NOTE : 19,5/20

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