Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Ja Rule « Venni Vetti Vicci » @@@¾


Et ainsi arriva : [grosse voix] Ja Rule bébéééé [/grosse voix]. L’histoire d’un mecton du Queens inspiré par 2Pac avec son bandana noué à la conchita et repéré par Jam Master Jay des Run DMC, promis pour être une superstar. Durant 2-3 ans environ. Fin du 2e millénaire, Jeffrey Atkins (de son vrai nom) est poussé par le producteur Irv Gotti dans les bureaux de Def Jam qui ont vu des $ dans les yeux. Ce mec avec son blase de mafieux gère Murder Inc, un label servant de blanchisserie d’argent de la drogue (mais on le savait pas encore).

La sortie de ce 1er LP Venni Vetti Vicci (la fameuse devise romaine) fut précédée de l’unique single ultra-bouncy « Holla Holla » qui a cartonné de ouf l’été 99, sans parler de son featuring sur « Can I Get a Fuck You » de Jay-Z, avec la rappeuse Amil aussi ne l’oublions pas. Selon l’intéressé, « Can I Get A… » devait figurer sur son solo mais Jay-Z l’a voulu en premier donc… Ça a aussi fini sur la BO de Rush Hour, le film avec Chris Tucker et Jacky Chan là. Vaniteux, Ja avait prétendu que le succès du single était surtout grâce à lui. ReVVVenons-en donc à VVV (pour abréger). Le disque était quasi produit par l’influent Irv Gotti en photo là (qui était A&R de Def Jam aussi), multi-casquette le mec. Et bah, Jigga, il est présent 2 fois dessus. Sur « Kill Em All » et « It’s Murda » avec DMX… Plus le bras droit de Jay-Z, Memphis Bleek, sur « Murda 4 Life ». Les rumeurs parlaient d’un super groupe avec Jay-Z/Ja Rule et DMX. Dommage. Faut dire aussi que la grosse voix de ce gangsta-thug new-yorkais Ja Rule ressemblait drôlement à celle de Dark Man X qui, lui, avait atomisé l’année 98. Et comme Ja l’ouvrait trop sa gueule…

Pour l’anecdote, l’instru de « It’s Murda » était utilisé à l’époque sur Skyrock pour les freestyles téléphoniques le soir. Mais c’étaient tous des voix de minets à côté de Ja Rule. Ja n’était pas le meilleur rappeur de la planète, mais sa présence était indéniable, et sa tête de petit caïd avec un melon comme ça. Des morceaux comme « Story To Tell » et « Race Against Time » n’ont rien perdu de leur dangerosité un peu « que de la gueule ». Marrant de voir les influences diverses d’Irv Gotti sur les prods, il fait du Dirty South (les tubas de « Holla Holla », « M***A 4 Life ») et du Westcoast façon pianos-graves à la Dr Dre (« Count On Your Nigga », « Story To Tell »). Cool aussi la collab avec Erick Sermon. Ecoutant pas mal de rap français en ce temps-là, le sample de « World Most Dangerous » m’avait tiqué à l’oreille puisque c’était le même que « Independenza » de IAM (c’était du Millie Jackson je crois).

Ah, j’oubliais, le morceau « t’as vu comment j’peux rapper super vite aussi », l’exercice de sprint pour impressionner les compétiteurs, c’est sur « Let’s Ride ». C’était le Ja Rule encore crédible, juste avant qu’il prenne un virage à 180° vers le r&b avec Rule 3:36, et que 50 Cent vienne lui pourrir la vie en 2002. Dans le fond, Venni Vetti Vicci n’a pas si mal vieilli. C’était le rap mainstream de 1999 de chez Def Jam.

LA NOTE : 15/20

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