Step Into The Arena est le nom du second album du duo hip-hop légendaire Gang Starr, mais ce fut la première fois qu’on apercevait leur logo réalisé par Rick Patrick, montrant leur nom dans une étoile entouré de motifs de chaîne. Enregistré durant l’année 1990, l’album sort en Janvier 1991 et allait marquer une décennie de Preem-auté sur la Eastcoast.
Originaire de Boston, le MC du tandem, Keith Elam, se surnomme Guru mais n’est pas le chef d’une secte. Cela signifie Gifted Unlimited Rhymes Universal. DJ Premier, lui, vient du Texas et c’est le DJ/producteur. Mais c’est à Brooklyn que les deux hommes s’installent et vont devenir des mythes du rap new-yorkais, un peu plus avec ce disque de 18 morceaux incontournables qui ont scellé à jamais la réputation du groupe et leur alchimie unique. Comme le décrit parfaitement l’extrait, « Just To Get a Rep », leur formule c’est : une combinaison gagnante entre l’intelligence et la clairvoyance du emcee qui dépeint la réalité des ghettos comme personne avec un flow clean et jazzy; associé à l’ouïe fine et le doigté de Preemo, capable de réaliser d’incroyables boucles à partir de fractions de secondes de samples, sans parler de ses scratches qui vont faire partie de sa marque de fabrique.
Trente ans plus tard, Step Into The Arena sonne très old school, logique, avec ce schéma consistant à citer le titre du morceau au début ou dans le dernier vers de chaque strophe avant de balancer un autre sample ou des scratches à la place d’un refrain. Et quels samples soul/jazz… Un autre détail typique de l’époque, ce sont ces sonorités très stridentes qu’on entendait aussi sur certains titres de Public Enemy ou Cypress Hill, c’est le cas sur l’extrait « Who’s Gonna Take The Weight? ». Un des titres phares de l’album est le terrible « Check the Technique » avec son sample reconnaissable de « California Soul » de Marlene Shaw (disparue récemment). Mais le plus représentatif reste avant tout « Step Into the Arena », c’est le modèle qui définit leur style au début des 90s pour en découdre, avec ces cuivres stridents, des gimmicks scratchés et un beat qui dépote.
On ne voit pas le temps passer avec cet opus, peut-être parce que quelques tracks passent sous la barre des 3min (ce qui est courant aujourd’hui avec le streaming vous me direz). Mais là, ça peut aussi descendre sous les 2min ! Mais qu’importe le timing, Guru est dévoué à son art sur chaque rime (ah ces éternelles piques envers les wack MCs) comme sur « What You Want This Time? » et ça permet de profiter encore plus des différents samples utilisés par DJ Premier, c’est tout bénéf’.
LA NOTE : 18/20
Chronique ecrite le 13 novembre 2025


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