Archives du mot-clé Free School

Lil Yachty « Teenage Emotions » @@½


Parmi les Power Rangers de la trap, ou plutôt la bande Mumble Trappers, comptez sur force jaune (Young Thug), bleu (Lil Uzi Vert) et rouge/violet avec Lil Yachty. Il y a deux ans encore, personne ne murmurait le nom de ce dernier et en deux EP seulement, cet original originaire d’Atlanta a fini signé chez Motown à 18ans, tandis qu’il était décrié pour son zéro pointé en matière de Hip Hop. Vous avez bien lu Motown, label ô combien légendaire qui a depuis plusieurs années perdu de son excellence, sans vouloir jouer le vieux qui rouspète. Je n’ai pas parié un seul kopeck sur Yachty mais je m’étais dis « pourquoi pas… »

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« Compton » a soundtrack by Dr Dre @@@@½


Fin du suspens : Detox aura été un album mort-né. On avait évoqué sa trop longue gestation dans le tout premier numéro de Now Playing et pour être honnête, au fur et à mesure que le temps passait, on n’y croyait plus, et le docteur non plus semble-t-il. De ses propres mots, ce grand perfectionniste avouera pas plus tard que cet été ne pas avoir été satisfait de la quarantaine de morceaux enregistrés jusqu’alors pour ce qui était l’album rap le plus attendu, espéré et fantasmé de toute la planète entière durant ces dix dernières années. Tant d’années où la Californie est devenue un désert médical en quelque sorte. Dans le fond, Dr Dre n’a pas tort d’avoir provoqué cet avortement volontairement : nous aurions été déçus de toute manière. Si l’on s’en tient aux instrumentaux que l’on a pu entendre dans les publicités pour ses casques Beats et les deux singles « Kush » (finalement très bon) et l’impardonnable « I Need a Doctor », il était fort à parier que la déception aurait été au rendez-vous. Puis il y a eu l’arrivée de Kendrick Lamar chez Aftermath, la vente de Beats à Apple contre un chèque de neuf (9!) zéros…

Et il fallait quand même qu’un petit miracle se produise. Après tout, D’Angelo est bien parvenu à faire son grand retour après quinze longues années de patience donc tous les espoirs pouvaient être permis à ce niveau-là. Il fallait juste l’occasion idéale de se faire remarquer au bon endroit et au bout moment. Et cette occasion-là elle tombait à pic : le biopic Straight Outta Compton racontant sur grand écran l’histoire sulfureuse des N.W.A. Une super-production hollywoodienne mettant en scène le groupe le plus dangereux du monde vingt sept ans après la sortie de l’album qui a donné son nom au film et qui avait embrasé Los Angeles à l’époque. Les retrouvailles avec Ice Cube et DJ Yella, trente ans de souvenirs qui ressurgissent depuis ce ghetto de Compton qui les a vu grandir et exploser au grand public… Dr Dre ne pouvait pas rester sans rien faire face à ce moment quasi historique. Surtout que son deal avec Apple Music lui apportait un support immédiat pour sortir un nouveau projet d’envergure préparé dans le plus grand secret sur la plateforme de la Pomme, à la manière dont Beyoncé et Drake ont mis à disposition leurs derniers albums, c’est-à-dire avec un certain effet de surprise. Ce qui n’a pas manqué puisque rien, aucune info n’a filtré jusqu’à ce que Ice Cube vende la mèche dix jours avant la sortie officielle sur iTunes. Seize ans après 2001, sort le troisième album de Dr Dre, baptisé du nom de son berceau, Compton (écrit aussi Compton : a soundtrack by Dr Dre). Alleluia !

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Chris Brown « F.A.M.E. » [Deluxe] @@@


Moche la pochette. Mais on me rabâche souvent de ne pas juger un disque sur sa couverture, c’est pas bien. Ayons donc une description plus utile de ce quatrième album de Chris Brown : l’acronyme F.A.M.E signifie ici Fans Are My Everything, une manière comme une autre de remercier le soutien de son public à qui il doit son succès, genre « fans je vous aime ».

Il existe un autre sens à cet acronyme : Forgive All My Enemies, phrase qu’il a tatoué sur son bras. Ceci laisse penser que Chris Breezy est devenu plus adulte, du moins en théorie car il vient tout juste de passer le cap de la vingtaine. Mais en pleine période post-adolescence, il reste encore un garçon influençable dont il est difficile de réguler les ardeurs…

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Chris Brown « Graffiti » @@@½


Comment démarrer la présentation de cette chronique sans s’attarder un temps soit peu sur la « dispute violente » avec sa petite copine de chanteuse. Stupeur dans le monde de la musique : Chris Brown, surnommé le nouveau Michael Jackson, son idôle absolue, est devenu le fils spirituel d’Ike Turner.

Pour résumer ses derniers mois en quelques mots : presse à scandale, mea-culpa, procès médiatisé, évocation de son passé trouble, service communautaire (un éboueur modèle selon les colonnes de potins), interviews au compte-goutte, insultes de la part de ses fans, « blackboulage » par sa maison de disque, fermeture du compte Twitter… Dure la vie d’artiste quand on est à ce point humilié. Les conséquences de ces quelques secondes d’excès de sang sur sa (jeune) carrière sont désastreuses, à moins qu’il sauve les meubles avec Graffiti, son troisième album.

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Kid Cudi « Man on the Moon: The End of the Day » @@@@1/2


C’est l’histoire d’un gamin qui avait était tout le temps la tête dans la lune. Né Scott Mescudi et élevé dans un modeste quartier de banlieue de Cleveland par des parents instituteurs, un couple mixte africain et mexicain américains, cet enfant semblait mener une vie normale d’enfant de couleur aux Etats-Unis. Jusqu’à ce que son père disparaisse des suites d’un cancer alors qu’il n’avait que 11 ans, provoquant chez lui un profond traumatisme.

Pour fuir cette dure réalité, le gosse Mescudi se repliait sur lui-même et vivait dans son imaginaire pour s’évader. Puisque son géniteur était un artiste peintre à ses heures, il rêvait de devenir artiste lui aussi, comme papa. Inspiré par la mouvance Native Tongue durant ses études, il décide, à 20 ans, de devenir rappeur et s’en va à Brooklyn, New-York, pour s’imprégner de la culture Hip-Hop.

Quatre ans plus tard, Internet devient le lieu de naissance d’un « kid nommé Cudi », intitulé francisé de sa première mixtape (lire la chronique), par le biais de son titre « Day N Nite », qu’il avait enregistré un an auparavant après une rupture – pour l’anecdote. Le monde ne se doutait guère lors qu’il venait de rencontrer un véritable phénomène hip-hop tout plein d’imagination. Et l’imagination, comme l’univers, n’a aucune limite.

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