Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Marley Marl « Re-Entry » @@@½


Dans les 80, Marley Marl a été un pionnier du sampling, peut-être le premier grand producteur rap de l’univers. Le légendaire JUICE Crew, le label Cold Chillin, dans l’ombre de Paid in Full d’Eric B & Rakim, Mama Said Knock You Out de LL Cool J, ce producteur a fait l’Histoire avec un grand ‘H’ des jeunes Heures du hip-hop. Il sortira 2 albums à la fin des années 80 et début des années 90 (les deux volumes de In Control), années 90 où il deviendra le producteur préféré de nos producteurs préférés DJ Premier, Pete Rock… tout en s’effaçant quasi totalement du milieu, au milieu des années 90.

Il tente alors en 2001 une ‘Re-entry’, plutôt un come-back hyper timide, sur le label anglais BBE Records, histoire de montrer qu’il n’est pas qu’un vieux souvenir d’une période révolue, mais bel et bien une légende encore vivante et toujours dans le coup. Sacré défi quand on a quitté le game pendant presque 10 piges, on est d’accord… Le premier réflexe qu’on a, c’est d’écouter le titre avec l’ami dinosaure Big Daddy Kane, au nom de la belle époque, et « Hummin », parce que monsieur Roy Ayers (que son âme repose en paix) donne quelques coups de xylophone et chante dessus. Ce sont sans doute les meilleurs moments de l’album.

Quand il n’y a pas de rappeurs en feat (comptez aussi sur des noms qu’on n’entend plus comme Solo de Skrewball, Kev Brown en plein début de carrière, Grap Luva des I-N-I, Capone moitié des C-N-N…), on a droit à des instrumentaux parfois trippant comme « Big Faces », quand ce ne sont pas des clins d’oeil à la old school. C’est pas cet album anecdotique qui allait le remettre en selle. Ceci dit, il y a des morceaux qui font mouche comme « Who’s Sicker », « Spazz » (qui avait fini sur le CD sample du mag’ Groove) et « Easy Type Shit », mais à côté de tous les beatmakers talentueux de l’époque, on ne le distingue plus du lot. Un comble. Reste le nom. OK il est au goût du jour ça oui, il a intégré les ingrédients des instrus-type du début des années 2000. Hélas il a tellement été absent que sa patte s’est diluée dans la masse, et c’est bien dommage.

Malgré tout, Marley Marl aura produit 2 albums durant les années 2000 pour sauver le hip-hop (un avec son vieil ennemi KRS-One, l’autre avec Craig G) et il apparaîtra même sur Exit 13, l’avant-dernier album de LL Cool J chez Def Jam.

LA NOTE : 13,5/20.

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