Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Yaya Bey « Ten Fold » @@@@


Yaya Bey, c’est pas la soeur de Yasin Bey, mais comme le rappeur anciennement connu en tant que Mos Def, cette artiste vient de Brooklyn. Signée sur le label anglais Big Dada Recordings, mais bel et bien new-yorkaise. Ten Fold, sorti en mai 2024, est le cinquième album de la discographie de Hadaiyah Bey mais pour elle, il s’agit du premier qu’elle a réalisé en tant que chanteuse ‘à plein temps’. Et c’est pas trop tard pour découvrir cette incroyable femme, parce que oui, une nouvelle reine est en ville.

Celle qui se décrit comme une « sir princess bad bitch » courant derrière le bus possède la personnalité d’un phénomène, avec l’attitude d’une tempête calme. Comme elle le chante avec un certain orgueil sur le langoureux « east coast mami » (co-produit par Karriem Riggins), autre bel autoportrait, la trentenaire est tout bonnement ‘superbe’, et trop belle pour toi. Elle mérite, tout bonnement, elle le sait, elle l’écrit, elle le dit. En étant elle-même, fièrement, elle aura naturellement la reconnaissance c’est sûr. Et je ne dis pas pas ça parce qu’elle envoûte en quelques chansons seulement et que j’imagine en train de se déhancher au ralenti sur « slow dancing in the kitchen ». Des chansons au décorum soul/jazz contemporain, avec des beats parfois hip-hop, un r&b hors-code conçus par des noms qu’il faudra apprendre à retenir : Jay Daniel, Corey Fonville, Devon Andre Harris… Le nom de Flwr Chyld, très bon compositeur r&b encore trop méconnu à mon avis, apparaît crédité sur « all around los angeles ».

Yaya Bey possède un franc-parler bien à elle, âme de rappeuse trop distinguée dans sa tête et gracieuse dans l’âme pour rapper, si ce n’est un peu de spoken-word. C’est comme cette tata branchée trop cool et pleine de charme qui aime s’afficher, une Cardi B plus arty et soul, une Bey…oncé plus Brooklyn et en même temps, évanescente. Et qui n’aime pas l’ancien maire de New-York Eric Adams de surcroît, et le fait savoir avec Exaktly, avec ces synthés façon générique de X-Files. Notre dame préfère afficher son amour pour l’artiste soul/funk Frankie Berverly (qui décèdera quelques semaines après la sortie de Ten Fold). En parlant de mort, il y a sur « so fantastic » cette apparition posthume de Grand Daddy IU… Yaya cite aussi le nom du soul singer Carl Thomas dans l’intitulé d’un de ses morceaux.

Bon. Si avec tout ce que j’ai dit, vous n’avez pas envie de vous coller Ten Fold entre les oreilles… A moins évidemment que vous l’ayez déjà écouté, peut-être même plusieurs fois. Yaya Bey fait forte impression, y a pas de doute.

LA NOTE : 16.5/20

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