Il faut un début à tout et ceux de KRS-One ont été fameux, et houleux, avec les Boogie Down Productions, qu’il formait avec le DJ/producteur historique Scott LaRock. En 1987 sortait Criminal Minded et c’est rien de dire que cet essai marquera les esprits à jamais. Dix titres qui vont inscrire les deux gars du Bronx dans la légende, le groupe dans le panthéon du Hip Hop, le début d’une trèèèèès longue carrière pour KRS-One. Ne pas oublier le 3e larron non-officiel Ced Gee des Ultramagetic MCs qui a filé un coup de main à la prod
KRS fait de la « Poetry » des ghettos, et s’affublait déjà des divers alias dont le Teacher, le Blastmaster, mais on ne va pas le contredire : c’est un donneur de leçon aux rimes foudroyantes, un redresseur de torts hors-pair mais pas là pour faire la morale non plus (du moins pas encore). Sur « 9mm goes bang » aux accents jamaïcains, les BDP abordent même les prémices du gun talk, du gangsta-rap même, avec son fameux « wadadadang, listen to my 9 millimeter goes BANG ». Pas étonnant de le voir vingt années plus tard serrer la pince à 50 Cent. On retrouve un peu de sampling de dancehall sur « P is Free (remix) », qui inspirera la décennie suivante le duo Black Star avec « Definition »; du rock aussi, « Back in Black » des AC/DC est samplé sur « Dope Beat » (oui sampler du rock ça date pas d’hier les gens). Assiste à la co-production un certain Ced Gee.
Le duo ne serait pas entré dans la légende sans ces attaques envers les rappeurs du Queens MC Shan, Marley Marl et son immense JUICE Crew avec « The Bridge is Over » et « South Bronx ». C’est une fessée déculottée, au tarif de groupe. Les premières grandes diss track de l’histoire du rap, les frissons encore aujourd’hui. Mais ça tenait à coeur à KRS-One de rappeler que le Hip Hop est né dans le Bronx grâce au disc-jockey Kool Herc, et qu’il était bon ton de remettre les pendules à l’heure. Quel culot c’était de s’en prendre au meilleur groupe du moment, mais quel buzz ça a créé ! Même l’instru de « South Bronx » a eu de l’influence, notamment chez Michael Jackson (« Can’t Let Her Get Away ») et Jennifer Lopez avec son « Jenny From The Block » car rappelez-vous, Jenny vient du Bronx wesh.
Quelques mois après la sortie de cet LP, Scott LaRock est tué lors d’une rixe. Les artistes se sont aussi brouillés avec leur label B-Boy Records qui ne payaient pas leurs royalties, ce qui a limité la production du disque (un comble). L’album connaîtra une réédition très importante en 2007 chez Traffic Entertainment, avec un double-CD proposant des morceaux inédits et faces B, comme « Advance », l’original de « P is Free », « Stop the Violence »…
LA NOTE : 19,5/20.


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