En 1999, Madlib s’illustrait au sein de son groupe Lootpack avec leur premier LP mais personne n’avait encore idée à quel point il allait poser son empreinte pour les 25 prochaines années dans le hip hop indépendant, et même bien au delà. C’est passé le cap de l’an 2000 que le rappeur/producteur d’Oxnard, CA, offrit son premier album au sein de la petite structure Stones Throw (label fondé par Peanut Butter Wolf), pour qui il en deviendra la grande vedette durant plus d’une décennie et avec qui il débutera son ‘invazion’. Voici The Unseen, le premier coup d’essai de Madlib transformé en coup de maître.
Sauf que, c’est pas tout à fait « lui » sur The Unseen, mais son alter-ego, Quasimoto (ou Lord Quas, c’est selon). Un drôle de personnage qui n’est pas bossu du tout, ne dort pas avec les gargouilles à Notre-Dame. C’est un étrange bonhomme jaune avec un groin, pas non plus un cousin de Casimir, et qui fume (beaucoup, beaucoup) de weed et à qui il arrive des trucs rocambolesques. Ce type a une drôle de voix (sous helium?) aussi lorsqu’il rappe ses aventures en lo-fi sur un patchwork de samples sans filtre, de scratches et de bouts de dialogues qui rendent la patte de Madlib tout à fait unique et nouvelle. Un style qu’il fera évoluer au fil des ans et des rencontres.
Imaginez l’effet qu’a produit ce disque très créatif à l’époque au même titre que, au pif (non), Operation Doomsday de MF Doom. Qui pouvait proposer de telles sonorités à part ces mecs-là? Même un type comme RZA n’a jamais osé faire ce genre de puzzles géniaux et perchés. Le concept de Quasimoto est infalsifiable. Un seul rappeur a créé 15 ans plus tard un alter-ego à la voix transformée, c’est J.Cole avec Kill Edward sur l’album K.O.D.. Mais sans aller plus loin. En plus ici, il arrive que Quasimoto converse avec son modèle humain Madlib comme sur « Return of the Loop Digga » qui change de samples comme moi de fringues dans une cabine d’essayage. Favorite cuts: « Low Class Conspiracy », « MHBs », « Jazz Cats pt1 » et « Astro Travellin ».
Même les clips étaient perchés, avec un petit côté Michel Gondry pour « Come On Feet ». Le personnage de Quas est devenu tellement culte que même des fans se sont permis de faire une fan-vid de « Low class conspiracy » avec de chouettes costumes! Cette influence qu’aura eu Madlib ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Réécouter cette œuvre hors du temps en 2025 a même cet effet de nous rajeunir un peu, nous ramenant au début d’une épopée incroyable, celle de l’essor du indie hip-hop.
LA NOTE : 19,5/20.


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