Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Channel Tres « Head Rush » @@@@¼


Head Rush du rappeur-producteur Channel Tres a été mon album de l’été 2024, un facteur de réchauffement climatique à lui seul. C’est un artiste que j’adore par dessous tout, depuis ses premiers EP fin des années 2010 que j’ai découvert par le biais de ses singles immanquables « Topdown », « Brilliant Nigga » et « Sexy Black Timberlake ». Imaginez la sauce ultra-hot : du rap cru de Compton avec de la musique électro à tendance house music. Il existe une vague cataloguée ‘dance-rap’ qui s’est ouverte il y a plusieurs années, mais notre gars n’est pas seulement très fort, cet artiste est un hybride unique en son genre.

Il était temps que sorte son premier album, en major svp. Et on n’allait pas être déçu. « Head Rush » fait monter la pression et la température au fil des secondes, c’est comme débarquer sur une plage à 14h en plein mois de Juillet par un soleil de plombs. De suite après, faites place car ça s’énerve et ça se bouscule sur « Black & Mild », Channel Tres a une propension pour épater la galerie et assumer fièrement sa réussite comme quelqu’un qui est parti de rien. Puis la troisième étape « Joyful Noise » (avec ses samples vocaux) revient clairement à son style de prod qui a fait son succès jusqu’à aujourd’hui, un mix entre hip-hop et house. Pour info, le néologisme Hip House existe. Il ne s’est pas encore passé dix minutes que les oreilles se prennent un flow de décharges sonores, beats et vibes différentes sur lequel notre cardio et notre mood tentent de se calquer.

L’enchainement entre la basse bien boogie de « Cactus Water », le coloré « Candy Paint » avec Thundercat (et sa référence à Fast & Furious) et ce « Berghain », qui nous emmène vraiment loin, maintient l’auditeur en haleine sans qu’on perde une miette, pour finir les fesses posées sur les grosses basses de « Holy Moly » avec Ty Dolla $ign, bien à l’aise sur ces instrus bourrés de phéromones. Zéro temps mort, Channel reste le maître du tempo et chaque partie de sa personnalité s’imprègne dans ses textes explicites et ses instrumentaux. C’est aussi typiquement le genre de musique qui passerait très bien à fond en voiture fenêtres ouvertes, ou encore mieux, décapotées. « Gold Daytonas » est d’ailleurs un morceau spécialement indiqué pour ça.

A force de s’habituer à une succession de morceaux assez cohérents, il peut nous arriver de buter sur des changements d’ambiance trop prononcés, comme entre l’excellent « Need U 2 Know » avec Ravyn Lenae (et ses influences bien 90s) et ce « Two Ways » qui ressemble à du Kid CuDi sur un beat inversé. Avant de retrouver de la house toujours variée avec « ASPEN » (avec Toro Y Moy) et « We Hungry » (avec la british girl Estelle), pour que l’on puisse utiliser cet éventail de beat pour se rafraîchir autant que surchauffer. Le planant « Type » n’est pas un morceau sympa, parce que Channel Tres n’est pas forcément un type sympa à la base. Comme je le disais, le rappeur a un franc-parler qui peut déconcerter et n’a strictement aucune pudeur. Il faut attendre la toute fin avec « Here » pour que le calme revienne.

L’écoute se réalise d’une traite pour celles et ceux dont le mélange des genres ne fait pas froid aux yeux et qui cherchent quelque chose pour mettre une ambiance divertissante, qui peut devenir rapidement torride quand on ne prend pas garde. Un album parfaitement à l’image son fantasque auteur. Pour dire les choses autrement, Head Rush est un album qui est fait pour transpirer, peu importe la façon.

LA NOTE : 17,5/20

Postez vos avis!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.