Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Jeru The Damaja « The Wrath of the Math » @@@@¼


Où je vous parle d’un rappeur s’appelant Kendrick, adore s’habiller en tenue de kung-fu. Kendrick Lamar? Faux, il vient d’une autre côte que la ouest, d’une autre décennie que 2010, soutenu par un autre producteur phare qui n’est pas Dr Dre : Jeru The Damaja, avec Wrath of the Math, produit par DJ Premier, sorti en 1996.

On peut dire sans détour que son premier opus sorti en 94 de Jeru (c’est son 2e prénom) le « dommageur » est un classique Eastcoast. Un MC en béton armé, le producteur référence en matière de boom-rap, j’ai nommé DJ Premier, et vous avez The Sun Rises In The East (et pan dans les dents de la West). Et là, mi-Octobre 1996, vient alors l’heure du deuxième album… Parce qu’à un moment donné faut bien s’y coller, avec l’objectif de faire pareil, c’est-à-dire l’effet d’une bombe, si ce n’est plus mais ça… Faire pareil c’est déjà compliqué, alors en demander plus, fallait vraiment en garder sous le coude. Je resitue le contexte : l’âge d’or du rap, c’est fini depuis quelques mois (les vieux férus de hip hop diront que cette ère a pris fin autour de 94-95). Qu’à cela ne tienne, l’équation Jeru The Damaja + Preemo (alias le prodo new-yorkais numero uno) passent la seconde ensemble, et pour la dernière fois, avec Wrath of the Math.

Jeru, c’est un pro de la science de la rime, l’essence même avec « Scientfical Madness » et pas la peine d’être une bosse des maths pour le comprendre. Pour l’authenticité, « How I’m Living » fait office de témoignage factuel de cet homme des ghettos de Brooklyn. DJ Premier très prolifique mais pas encore à son ‘prime’, quoique cet album fait presque office de labo si on en juge les beats dingos de « Physical Stamina » avec son protégé Afu-Ra ou « Black Cowboy », vraie recherche d’originalité, faire différent de ce qu’il a fait pour d’autres. Si vous voulez la définition d’une méga-claque : « The Bullshit ». On notera que « Whatever » utilise le même sample que « Give Up The Goods » des Mobb Deep. Et ce piano tordu sur « Not The Average », fallait oser poser dessus haha, quelle leçon (mais pas de piano)… Piano qui transite vers une autre boucle de piano, plus jazzy cette fois pour « Me or the Papes ». Là encore de la très bonne alchimie entre Jeru et Premier, les atomes sont crochus et très lourds, de gros travaux pour les oreilles, un travail de thèse.

Chose curieuse : sur Tidal, l’album est indiqué comme publié sur Island Def Jam… alors que Jeru n’a jamais été signé sur le label New Yorkais ! Il était chez Polygram, qui en 99 a été racheté, puis démantelé par Universal Music, qui possédait Def Jam. Du coup, on peut ptet faire un lien avec ça… Au rayon « real hip hop for real hip hopers », Wrath of the Math est en bonne place, entre le rayon sciences et littérature. Certains aficionados le trouvent même supérieur à son premier opus… Puis Jeru a découvert que Preemo se tapait sa soeur et ils se sont très longtemps fait la gueule.

LA NOTE : 17/20

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