Pete Rock & CL SMooth, c’est cette autre binôme de DJ-producteur/rappeur qui a beaucoup fait « jazzer » en 1992, avec Mecca & The Soul Brother. C’est un grand classique du rap new-yorkais que j’avais chroniqué sur Rap2K, mais je n’étais pas satisfait de ma critique, que je trouvais trop courte. C’est à cause de ça que j’ai tardé à la republier ici. J’en reprendrai certains ‘samples’ de cette chro’ pour cette publication.
Bon, on re-démarre par les présentations : Mecca & The Soul Brother est le premier album studio de ce duo formé du rappeur CL Smooth et du producteur (et un peu rappeur) Pete Rock armé de sa SP1200, et qui deviendra le plus légendaire des deux. Quand j’ai écrit sur ce classique hip hop en 2005, je disais d’eux qu’ils étaient en « symbiose parfaite », un équilibre grâce à ce « phrasé mielleux et intelligent de CL qui se fond tranquillement sur les samples de jazz (souvent de saxophone) de Pete. » Les beats sont riches en cuivre, d’une joliesse et raffinement rare, PR a sublimé la chose pour consolider le sous-genre hip-hop jazz (ou jazz-rap) ; et ces caisses de « Wig Out », ou « Can’t Front on Me », les mêmes que « We’ve got the Jazz » des ATCQ (vous vous rappelez ces rumeurs de beat jacking?). C’était la belle époque où les producteurs pouvaient utiliser 5 samples pour créer un titre.
Le morceau rap phare n’est autre que « T.R.O.Y. (They Reminisce Over You) », quelle trouvaille ce sample de saxophone qui donne le smile direct ! Ce rap, ce beat… ça nous rappelle à chaque pourquoi on aime cette musique. Dans un autre style plus soft, ce cross-over légèrement r&b avec « Lots of Lovin » (samplant les Ohio Players) qui a mis CL Smooth au même niveau qu’un LL Cool J pour la sérénade tchatchée, un autre grand moment de cet opus. D’autres morceaux essentiels de chez essentiels comme « Straigthen It Out » ou « Act Like You Know », ou bien « For Pete’s Sake » et « Ghettos of the Mind »… Tous les critères d’excellence hip hop sont cochés sans hésitation.
Il y a même des sujets très peu débattus dans le rap et que CL amène sur la table comme la mère Afrique et l’esclavagisme sur « Anger of a Nation », avec une inspiration directe de Gil Scott Heron dans le texte. Dingue que ce rappeur n’ait eu une carrière solo digne de ce nom. Mais Pete Rock rappe aussi, moins, mais pas mal non plus avec sa voix plus grave qu’on peut mieux entendre sur « Soul Brother #1 ». Ce surnom restera à jamais lié à PR. Ce qu’il y a de bien avec des monuments, c’est que c’est grand et ça résiste au temps, rien ne change et la sensation de redécouverte est toujours présente à chaque passage. Oui, je parle bien de Mecca & The Soul Brother.
Et toujours fans aussi du coupé Mercedes SL noir sur la pochette
LA NOTE : 20/20


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