J’avais déjà écrit en Janvier 2005 sur Rap2K une rétrospective sur ce qui fut jadis, et encore de nos jours, un pur classique Hip Hop. Rétrospectivement, j’aurai pu être un poil plus bavard il y a vingt ans au sujet de cet album qui m’a beaucoup bercé. Dois-je rappeler qui est ce duo essentiel de la première moitié des 90s? Ce tandem DJ/producteur + rappeur aussi important que Gang Starr? Pete Rock, légende, dinosaure, fossile? Pas encore. CL Smooth lui n’a pas eu (du tout) de belle carrière solo, mais son blase est limite un pléonasme.
Voilà quelques extraits de ce que j’en disais dans ma rétro des 11 ans de The Main Ingredient. Hu-hum, deux points, ouvrez les guillemets : « Pendant cet ère rapologique cernée par le G Funk hardcore en provenance de Californie, Pete et CL font figure de véritables antithèses : des boucles très jazzys au lieu de samples de funk bien gras et des paroles réfléchies dénuées de toute vulgarité gratuite. » En fait pour ainsi dire : la magie du hip-hop new-yorkais avec ces samples de cuivres comme gimmicks, ces petites outro instrumentales… Bref, je reprends : « L’utile rejoint l’agréable, un délice pour les oreilles lorsque nos deux complices sont ‘In The House’, contant leurs aventures ‘Worldwide’, dans ‘All The Places’ et dans la sublime ‘Carmel City’ ou ‘The Sun Won’t Come Out’. » Bon j’ai oublié de préciser « Take You There », avec ses tendances r&b à la LL Cool J, et « I Got Love » tout aussi emblématique. D’ailleurs la comparaison entre les deux rappeurs n’est pas fortuite, ils ont ce côté smooth et charmeur tous les deux.
« Confection d’instrumentaux inoubliables et indémodables, des lyrics qu’on pourrait qualifier de conscient et très contrastés (‘Escape’), et pourquoi pas quelques acrobaties quand CL Smooth ‘Get On The Mic’. » Il y a Pete Rock qui rappe un peu aussi, avec sa voix d’or, détail dont on a tendance à oublier, tout comme on oublie de citer Havoc des Mobb Deep, c’en est injuste. Et il a de plus disséminé ses potes rappeurs des I-N-I. En parlant de CL Smooth : « Poésie, luxe et le volupté de sa voix, ses textes et son flow donnent de la couleur à ses propos souvent sombres mais pas sans amour (‘Tell Me’, ‘Searchin’ qui sample Roy Ayers). » Cet MC c’est de la crème quoi, sa voix onctueuse.
Je finissais par conclure : « The Main Ingredient est un des derniers disques marquant la fin de l’âge d’or du Hip Hop et malheureusement pour nous, la dernière collaboration discographique entre Pete Rock et CL Smooth. » Ce successeur du classique Mecca & The Soul Brother est décidément du jazz-rap truffé de bonnes vibes. Mais comme je disais, la fin d’un chapitre. Après, ils se sont embrouillés (pour une histoire de meuf je sais plus…), puis rabibochés en 2004 pour quelques lives et Soul Survivor II. Depuis on a enterré nos espoirs d’un 3e LP. Snif snif.
« Sortir le CD des étagères poussiéreuses pour écouter cet excellent cru d’une année 94 fort florissante, qui s’est bonifié avec l’âge qui plus est, est un bonheur fort appréciable. » Ça, ça bouge pas.
LA NOTE : 19,5/20
(chronique re-publiée le 22 Novembre 2025)


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