Encore une formation jazz que j’ai découvert au gré de recommandations de mutus sur les RS durant le Covid. Il faut dire que Butcher Brown a petit à petit gagné en intérêt et importance au fil des ans. Leur album #KingButch en 2020 a été celui de la rencontre, avec entre autre ce « Tidal Wave » qui rejouait le sample du classique « Who Got The Props » de Black Moon. D’autres extraits sont venus agrémenter mes playlists, comme cette reprise « Remind Me » de Patrice Rushen accompagné de la somptueuse Alex Isley, puis en 2023 leur album Solar Music qui les a définitivement mis en orbite.
Faisons le tour du personnel de Butcher Brown : d’abord le nom assez connu de ce grand fan de J Dilla qu’est DJ Harrison (piano, clavier, percussions), avec à ses côtés Andrew R4nd4zzo (basses), Marcus Tenney alias Tennishu (trompette, saxophone et rap!), Morgan Burrs (guitare) et Corey Fonville (percussions, drumkit). Le thème de Letters From The Atlantic est océanique, naturellement, tout comme la couleur de certaines éditions vinyles (que je recommande), et ça s’entend dès « Seagulls ». Bord de plage, odeur du sable, vent frais et soleil entre deux nuages, bruit des vagues et des mouettes. Il suffit presque de fermer les yeux pour y être et ressentir la vibe qui nous arrive en pleine face tel l’air marin avec le rythme vivifiant et groovy, presque house music, de « Unwind » en compagnie de Melanie Charles, à la voix et à la flûte.
Les variations de tempos et d’ambiances sont hautement appréciées et donnent littéralement vie et vibrations, allant des petits de danse suggérés par les notes de piano et de trompettes de « Dinorah Dinorah », à « Something About You » qui possède une énergie pop-funk très agréable comme un beau jour de printemps. Dans une veine downtempo hyper relaxante, « Change In Weather » (avec la douce voix de MIA GLADSTONE) est une invitation à se poser dans un hamac en toute saison, à se poser là, tranquillement, à ne rien faire, de même que l’instrumental « Backline », esprit bien vacances en toute déconnexion et décontraction. « Ibiza » est une invitation à surfer vers le soleil à l’horizon avec les éclaboussures d’eau salée comme frisson. Et la petite expédition dans « Montrose Forest », ça vous dit? La guitare sur le dos en bandoulière. Ah, et si vous voulez entendre Tennishu au rap, c’est sur « Right Here » que ça se passe, avec la divine Leanor Wolf.
J’ai déjà utilisé plusieurs fois le terme de « voyage immobile » pour parler d’albums qui nous font partir loin les yeux fermés avec sensations fournies, et cela convient parfaitement à cet opus des Butcher Brown donc pas la peine de chercher une autre formule. Une formation à suivre, et pas que pour leurs périples en musique. En tout cas Letters From The Atlantic donne envie de faire ses bagages et répondre à l’appel de l’océan pour écouter l’album sur place. Cela tombe bien, l’Atlantique n’est pas loin.
LA NOTE : 18/20.


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