Après la grosse claque prise en pleine face avec Grey Area de Little Simz, une autre gifle avec les traces des doigts sur l’autre par Rapsody avec Eve, 2019 m’a réservé une dernière bonne grosse leçon de rap féminin avec Sampa The Great. Le pire, c’est qu’avec The Return, je kiffe ça parce que c’est du hip-hop nouveau à mort.
Au début je pensais que Sampa était anglaise, mais la rappeuse-poétesse signée chez Ninja Tune est zambienne vivant à Sidney. Qu’on se le dise : on fait d’excellents albums de rap dans l’hémisphère Sud. La présente démonstration est implacable. Produit principalement par le très bon Silentjay, The Return est un mélange parfait entre musique sud-africaine / hip-hop, tradition / modernité, le tout mêlé avec une bonne dose de groove. La voix si particulière de Sampa s’accorde en rimes avec un choix de sample de soul magique (quel sample de The Sylvers l’excellent extrait « Final Form »), même jusqu’aux interludes (« Light It Up » avec cette vibe bien suave à la Roy Ayers). Une vraie rareté, un petit chef d’oeuvre.
C’est aussi le genre d’album qui éveille notre esprit, entre le transcendental « The Return » (pas un synonyme de come-back, je vous laisse le découvrir vous-même en écoutant le titre) et même le dansant « OMG ». Ce premier album est une immense révélation tellement son identité est puissante. Ce « Diamond in the Ruff » kicke sévère (« Time’s Up ») en plus de ça. Parmi les guests, mes chouchous de Blue Lab Beats et des artistes aussi méconnus que doués, notamment le rappeur Krown et le chanteur Whosane. On retrouve aussi parmi les collaborateurs Kwes Darco, le producteur de l’énervé Slowtai, et Perrin Moss (des Hiatus Kaiyote). ‘The Return’, un pur régal auditif, le tout mixé par le costaud Jonwayne de chez Stones Throw, facile dans mon top3 de 2019.
LA NOTE : 18/20.


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