Little Simz « GRAY Area » @@@@@


Sur la scène rap UK du moment, vous avez des Skepta, Stormzy, des anciens comme Wiley ainsi d’autres jeunes affamés pas très fréquentables, et des femmes qui n’ont pas besoin de faire des coudes pour être sur les devants, comme Stefflon Don et, celle qui nous intéresse de très près, Little Simz. Petite par la taille mais immense par le talent, plus grand que pas mal de ses collègues de sexe masculin, comme elle l’a prouvé avec ses deux premiers albums qui l’ont révélé. Mais cette fois la rappeuse et guitariste révèle davantage son véritable caractère avec GRAY Area, un troisième opus fort de café. Un ristretto s’il-vous-plaît !

Finie la jeune femme introvertie de Stillness in Wonderland, Little Simz déflagre littéralement avec « Offence » et le sérieux s’impose immédiatement. « I’m Jay-Z on a bad day/Shakespeare on my worst days » lâche-t-elle sur une instrumentation jazz-rock nerveuse qui se poursuit sur « Boss« , sur laquelle s’ajoute des sonorités électro. Ne parlez d’elle comme une reine, Simz est une « boss in a fucking dress » et on a déjà hâte d’entendre ces deux incroyables morceaux sur scène tellement leur énergie se répand dans tout le corps depuis les oreilles. Plus loin, « Venom » permet une fois encore de décrypter la finesse de la plume de Little Simz et d’admirer son flow d’athlète de haut niveau.

GRAY Area, comparé au précédent album, joue dans une autre catégorie musicale, plus live, mais propose également une belle variété, avec des touches de funk comme sur « Selfish » (avec la superbe voix de Cleo Sol) et « Sherbet Sunset« , que Inflo (qui produit tout l’album) et Simz parviennent à rendre mélancolique lorsque les sujets deviennent très personnels. Et c’est fabuleux. Ou bien ce « 101 Radio » avec ses sonorités asiatiques qui dépaysent facilement, un titre qui fait office d’intrus au milieu du tracklisting mais qui curieusement divertit et donc fait du bien, une vraie bouffée d’oxygène dans ce milieu anxiogène, avec ce « Pressure » enfonce le clou avec la présence notable des Little Dragon. Impossible de rester insensible à la présence de Chronixx sur « Wounds » tellement sa voix et ses mots nous touchent au plus profond de notre âme, que dire aussi de Michael Kiwanuka sur la superbe conclusion « Flowers« , qui, avec « 101 Radio », est l’un des seuls titres à redonner des couleurs.

À travers ces dix morceaux entre ombre et lumière à l’intensité rare, GRAY Area souligne des traits que l’on connaissait déjà chez Little Simz, comme sa bravoure et sa détermination, mais ce qui explose sur ce troisième opus, c’est sa force et son assurance, sa présence implacable. Son talent n’est plus à prouver mais on n’en finit pas de le re-découvrir à chaque écoute et très peu d’artistes sont capables de nous souffler à ce point. Pour la culture, Little Simz vient de prouver qu’au Royaume-Uni, elle est une femme plus importante et décisive que Theresa May. Gageons, à propos, que le Brexit n’ait pas lieu pour qu’on puisse la voir en concert l’Hexagone.

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