Da Flyy Hooligan « S.C.U.M. » @@@@


Il n’y a pas que Stormzy, Skepta ou Little Simz qu’il faut suivre chez les rappeurs anglais, une autre tête est à surveiller de prêt avec un oxymore pour nom, Da Flyy Hooligan. Après deux projets pratiquement autoproduits, Ray Winstone et FYLPM, le londonien a sorti ce qui peut être considéré comme officiellement son premier album, S.C.U.M., sur la petite structure indépendante de Miami 22 Entertainment.

‘Scum’ est un terme qui peut signifier « racaille » de l’autre côté de la Manche, dans les quartiers du Nord Ouest de Londres plus précisément. Dans notre cas, il s’agit de l’abréviation de « Supreme Cut Unchanged Magnificience ». Et quand on parcourt l’album, on comprend tout le sens de ce qu’il définit comme du « gourmet rap » ou « gourme deluxe », du rap pour ceux qui ont des goûts de luxe de la part d’un mec qui ne jure que ce qui est clinquant. Avec une dose de métaphores pornographiques (comme sur « Gold Bars« ) pour accentuer son côté hardcore.

Et pour l’exquise cuisine, il y a Agor qui réalise tous les instrumentaux, garnis des samples servis comme du caviar que Da Flyy Hooligan déguste avec un flow relativement lent. Le genre de fly shit que Alchemist (qui se pose en référence face au beatmaker anglais) sert à ses potes Evidence, Boldy James ou Action Bronson. La crème de la crème, anglaise. Ses lyrics s’accordent bien à l’ambiance, du ‘taylor-made’ (« Black Givenchy« ). L’exemple le plus flagrant est sans doute cette succession de name-dropping de ses modèles de voitures favoris sur « Lewis Hamilton« , en référence au triple champion du monde en titre de Formule 1.

Les trois featurings n’ont rien d’anglais, ce sont trois des rappeurs indépendants les plus dangereux du continent américain, morts ou vifs. Le premier est évidemment Westside Gunn très à son aise sur « Savile Row« , tout comme Hus Kingpin (« Distress Signals« ). Le troisième guest n’apparaît pas à droite du mot « featuring » mais il est bien évidence sur le tracklisting : Sean Price. On peut entendre sa voix poser sur un freestyle « pour se la péter » à la fin dudit morceau qui est un bel hommage d’un fan à son égard. Entre nous, avec S.C.U.M., Da Flyy Hooligan n’a rien à envier à ses homologues cainris.

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