Prince « 20Ten » @@@


Mon amie Wadji (www.allyouneedissoul.com) m’a envoyé un courrier, mais pas n’importe lequel, le Courrier International vendu avec une copie de 20Ten de Prince. La présence du Nain Pourpre dans l’Hexagone est significative depuis son passage à Paris à la rentrée 2009 pour la promotion de LotusFlower (lire la chronique). Au menu : Fashion Week, le Grand Journal pour un mini-live exclusif et en prime un concert princier improvisé dans le cadre historique du Grand Palais, dont les places se sont arrachées en 77 minutes.

Après trente années de carrière et autant d’albums, cette personnalité toujours mystérieuse rassemble plus que jamais les foules, laissant tomber Internet, qu’il considère comme « dépassé », pour la scène. Le contact passionnel avec le public d’abord, qu’il en soit ainsi. L’intérêt de Prince pour notre ancienne monarchie qu’est la France semble une évidence, en témoigne sa série de concerts, au Main Square d’Arras ou à Nice. Et pourquoi pas un concert au Château de Versailles d’après les rumeurs les plus folles.

Le petit (à prendre au sens propre) génie de la pop/funk est aussi un fin stratège en terme de marketing : court-circuiter la distribution classique en passant par la presse. Il avait déjà fait le coup il y a trois ans avec Planet Earth (lire la chronique) et cette fois c’est notre tour. Les résultats sont là : tout le monde s’est rué dans les kiosques ce Jeudi 22 Juillet acheter ce numéro spécial du Courrier International (un hebdomadaire portant un regard sur la politique dans le monde) incluant ce nouvel album et dont les dernières pages sont consacrées à un entretien rare et surréaliste avec le musicien à Paisley Park. Quel chanceux ce journaliste hollandais…

Votre vue n’est pas déformée, le Prince esquissé que la pochette colorée est plus grand que nature.

D’emblée, Prince sort son habituelle pop ‘funkturistique’ sur le tempo endiablé de « Compassion », la même que dans les folles années 80. Et vu que le cycle musical actuel s’en inspire fortement, le Nain Pourpre est sur ses terres de jeu. Les quelques ballades (dont « Future Soul Song » et « Walk in Sand »), royalement romantiques et softs au demeurant, rappellent la définition d’un slow, celui qui se partage entre deux amoureux (mais ne sortez pas trop vite la guimauve). Autrement on a droit à des mid-tempos au funk caractéristique comme « Act Of God » suivi de « Lavaux » (pour nos amis suisses) qui s’inscrivent dans la post-modernité, sans réelles nouveautés. Le son est impeccable, pas même une ride d’expression, Prince contrôle le temps. Dommage que 20Ten, manquant d’innovation, soit couronnée d’une party song ringarde, « Everybody Loves Me », qui s’adapterai bien à un thème de jeu télévisé passé de date.

À l’image du personnage, sa musique n’a pas d’âge et paraît insolemment jeune, mais stagne depuis plusieurs albums (3121 peut-être). Neuf+1 bons titres dans l’ensemble qui se concatènent à sa très importante discographie, sans qu’une chanson plus qu’une autre ne se démarque de ses derniers standards en date. En considérant bien les choses, 20Ten n’est rien de moins que des chutes de studio issus de son trop-plein de fertilité musicale et intarissable créativité. Mais c’est offert, ça n’a pas de prix, c’est toujours ça de pris et l’auteur l’a bien compris.

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