Ah bah, juste au moment où je demandais ce qu’il devenait… Au dernier trimestre 2008, Charles Hamilton profitait de son affichage en couverture de XXL et de son buzz. Très prolifique (il a balancé 8 mixtapes en 2 mois), ce newcomer signé chez Interscope roulait dans le même wagon première classe des ‘next big things’ avec les Kid Cudi, Asher Roth, Wale et compagnie.
Sauf qu’il s’est mangé un méchant retour de manivelle à trop chercher des noises à des gars costauds comme Rhymefest (qui l’a humilié publiquement) et même Soulja Boy via YouTube. Suite à ça, il est devenu la risée du rap game, c’est à peine s’il se fait griller par des étudiants. Avec un buzzomètre à 0 et devenu sans-ami, il nous redonne des nouvelles avec un album gratuit, Normalcy, dont il est difficile d’en éprouver un quelconque intérêt avec une pochette aussi moche…
Faire parler de soi est une fin dans le rap. « New Music From Charles Hamilton » porte le message suivant : « hé ho, vous m’avez pas oublié hein ? Je suis de retour ! Ça va faire mal. » On en prend note sur un bout de papier qu’on va laisser traîner sur le bureau tu veux bien ? Il s’y croit trop le mec, je tends l’oreille pour compter les punchlines. J’attends. C’est long. Toujours rien. Il faut s’occuper autrement : quels sont les instrumentaux à retenir ? Euh… il y a ce sample de « I Will Survive » sur j’sais-plus-quel-titre pour faire une intro, ratée tellement c’est nul.
Faut dire c’est tellement mémorable qu’arrivé à la fin de l’album on ne souvient de rien, si ce n’est que c’était chiant, mais chiaaaaaaaaant. Qu’est-ce qu’il lui arrive bon sang ? Il a renversé son Coca sur son sampleur et il a dû faire un vieux montage avec une K7 audio pour séquencer ? Comparé un type comme Blu, ce qu’il conçoit tient de l’amateurisme. C’est un jugement que j’applique lorsque j’entends des trucs pourris comme « Air Agains », « She’s Purrty » et « Looser City » d’où il vient. Il s’est cru original en samplant n’importe quoi en oubliant ce qui différencie le fait d’être génial et d’être sans talent.
Il me fait rire en fait. Sur « WorkinInTheLab » il nous rappelle qu’il est fan de Sonic, ce qui n’est pas le cas de son flow qui avance à reculons. Il sait rapper, mieux qu’un débutant, mais ça ne suffit pas. Il me fait de plus en plus penser à un pélo sorti de nulle part qui fait son rap chez lui sur son ordi et veut devenir populaire malgré lui sur Internet, comme un inconnu qui poste une vidéo gag sur YouTube. C’est la pire manière se faire zapper et de replonger dans l’anonymat. Surtout lorsqu’il se la ramène sans arrêt. Faudra que quelqu’un aille lui dire : « tu t’enfonces Charles. »
Non seulement Charles Hamilton a trop attendu avant de redonner signe de vie, mais en plus Normalcy se calque dans la moyenne du marché du mixtape saturé avec un niveau très médiocre. Des fois, on lève le doigt en se disant « si, là, y a un truc bien » avant de se raviser aussitôt. C’est à se demander ce qu’on a bien pu lui trouver à l’époque où il a sorti Outside Looking… Comment il s’est vautré.

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