Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

Bugz in the Attic « Back in The Doghouse » @@@@@


Rhaaa foutus cafards qui traînent dans ma cuisine ! Cette fois, c’en est trop, je me décide de les poursuivre tel Oggy le chat (comme dans le cartoon français) jusque dans la cave afin d’éradiquer ces maudits insectes ! Là, sur le bas de la porte qui débouche sur l’escalier en bois vermoulu qui mène dans l’obscurité poussiéreuse du sous-sol (avec cette odeur d’humidité et rance, berk), je descends jusqu’à trouver l’interrupteur d’une vieille ampoule attachée au plafond cimenté. J’entendais encore les cafards ricaner derrière mon dos en train de se cacher un partout dans ce bordel organisé d’instruments électroniques, de synthétiseurs, des boîtes à rythme… Mince c’est la caverne d’Ali Baba ! Tout de suite, ma chasse aux envahisseurs à six pattes est devenue le cadet de mes soucis, préférant souffler sur ce matériel maculé de poussière et fouiller dans des bacs de 33 et 45 tours entreposés sur des étagères branlantes. Soudain, méchant coup de flip, surpris par un grésillement d’enceintes, comme ceux d’un disque effectuant des rotations sur un tourne-disque. Pas d’affolement, c’était juste encore les cafards qui avaient démarré une platine restée branchée depuis je ne sais combien d’années. M’approchant la tête par-dessus la galette de vinyle qui tournait en continu, je lisais sur l’étiquette Bugz in the AtticBack in th Dog House (V2 Music). Je ne connaissais pas du tout, et le son ne parvenait pas bien à mes oreilles. J’écartais des cartons qui s’entassaient au dessus d’une boîte de mixage et montai le volume et là…

… Pas le temps de réaliser ce qui se passe : tous les meubles, cartons, caisses, matos, bref tout ce bric-à-brac s’est ‘autorangé’ dans un remue-ménage incroyable, formant un brouillard de poussière presque palpable qui saturait l’air de la cave. Moi, je ne voyais plus rien si ce n’est le contraste clair à cause de la lumière. Puis, la purée de pois grisâtre se transforma en nuages de couleur qui s’effaçaient doucement en laissant place à un décor de boîte de nuit aux néons bleus, rouges, violets, verts qui créait une sorte d’ambiance feutrée et chaleureuse… avec des DJ dans le coin où se trouvaient le matériel de musique, un bar là où étaient entreposées des bouteilles d’alcool, parterre c’était devenu des dalles qui s’allumaient de façon aléatoire et l’ampoule au plafond est devenue une boule à facette. Et puis voilà que des gens viennent descendre dans mon sous-sol en s’invitant comme ça, tous habillés comme des b-boys et b-girls version fashion victime ! C’est le pompon là ! Moi-même mes vêtements n’étaient plus les mêmes, j’étais fringué en jean large taille basse, sneakers et t-shirt skater prêt à aller breaker avec les deux groupes formés sur « Move Aside » durant un battle improvisé, fairplay et bon enfant. Il est vrai que le rythme up tempo un poil hip hop invite à bouger frénétiquement le corps tout entier. Ça commence à chauffer sur le dancefloor ! Et puis ça commence à devenir vraiment chaud en fait quand « I’m Gonna Letcha » vient mélanger funk et house pour une partie de séduction sur piste de danse. Les gens finissent par se mêler entre eux aussi pour en venir à se frotter sur les beats syncopés de « No More » et le funky « Redhanded » . C’est le truc dance à la ‘Let the groove control your body movin’…

… Le temps d’aller me chercher une Tequila Sunrise au bar pendant l’intermède, le décor de la boîte se transforme tel un morphing en discothèque néo-rétro, genre réminiscence des années disco des eighties. Mes habits s’étaient resserrés en un pantalon pattes d’ef’, chemise crêpée à moitié ouverte avec col relevé, chaîne en or et lunettes de soleil teintées en dégradé, idem pour les clubbers fiévreux qui arboraient cette mode vestimentaire kitsch et fun, certains portant des fausses coupes afro avec des vestes à paillettes. Les enceintes dégageaient toutes la puissance de la funk contemporaine de « Knocks My On My Feet » avec ses chœurs George Clintoniens, et « Consequences » qui possède un fort parfum de nostalgie en revisitant la disco-funk des années 80. C’est le total délire psychédélique sur la piste, la fête bat son plein ! Après ces instants de frénésie et rétrospective musicale, retour à une ambiance plus actuelle, lounge et house, mais toujours aussi groovy et suggestive sur « It Don’t Work Like That »,  avant de secouer son corps et les jambes deux minutes sur de l’électro-samba (« Sounds Like… »), et puis redanser à nouveau sur de la house (« Happy Days »). Pendant que l’alcool des cocktails qui s’enchaînent m’enflamme contre ma partenaire d’un soir sappé comme une mannequin, je ne calculais plus mes tentatives d’accostage sur la super reprise de « Don’t Stop The Music », mes bras et mon bassin ne se contrôlaient plus au son de la musique. La chaleur monte d’un cran lorsqu’un nouvel instrumental electro-salsa (« Inna Row ») vient donner un coup de pep’s dans la foule dansante galvanisée par le rythme latino…

… Le mix se conjugue au presque parfait… Lorsque « Worla Hurt » vient détendre une atmosphère chauffée à blanc avec violons planant sur un afro beat, j’ai l’impression que la fin de la fête est proche alors autant en profiter un max. C’est alors que des notes de synthés attirent notre attention, s’ajoutent des grosses basses et c’est parti pour le final complètement dingodissimantesque avec « Booty LaLa » : ludique à souhait, entraînant et accrocheur, c’est carrément la folie, tous les gens se mettent à faire les ‘Lalalalalalaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa’ au refrain ! Ma cave est sans dessus dessous et la foule électrisée en transe orgasmo-funkadelique. Pfioulala… c’est trop jouissif ! Hélas la fête est finie et j’ai la tête qui tourne de trop, avec un mal de casque atroce. Je m’essuyais les yeux … dans le coltard, avant de me rentre compte que j’étais allongé sur un matelas un peu moisi. Apparemment, j’ai été assommé par un mange-disque tombé d’une planche mal fixée contre le mur. Je me levai péniblement, constatant que le vinyle de Back in the Doghouse était en train de tourner en rond, la tête arrivée en bout de disque. J’éteignais la platine, me frotta les vêtements et sorti de la cave avec ce drôle de rêve en tête. Epilogue de ce récit, juste après avoir fermé la porte du sous-sol derrière moi, j’entendis les cafards rire sur l’instru de « I’m Gonna Letcha » …

LA NOTE : 19,5/20

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