L’un des plus bel album de trip-hop des années 2000 est un produit made in France, originaire de Normandie pour être précis, signé Jean Christophe le Saoult, alias Wax Tailor. Son nom : Tales of the Forgotten Melodies paru sur le label Lab’Oratoire et aussi Decon aux US. C’était Raging Bull de Rap2K qui m’avait conseillé cet album je crois bien, en 2005, et vu que je lui faisais une confiance aveugle, je suis allé l’acheter sans réfléchir chez Gibert à Lyon. Et j’ai vraiment bien fait car ce disque a une place particulière dans ma discothèque.
La pochette en noir et blanc et le titre qui décrit le concept de l’album très axé sur le sampling me faisaient rêvasser. Et ça commence fort avec une boucle du grand standard « Que Sera Sera » de Doris Day dans un univers tellement plus mélancolique… Le type d’album qui s’écoute un jour de ciel gris, mood maussade. Suffit de fermer les yeux et laisser l’univers musical venir à nous, ces scratches de dialogues de film et ces mornes violons. « Hypnosis Theme » est parfait dans ce style. Parfois, le côté anachronique est tellement prononcé que c’est comme s’il avait samplé depuis un gramophone. On aura tous reconnu aussi Nina Simone « Feeling Good » sur « How I Feel » et l’exercice de re-création n’était pas si facile.
Cet album est aussi la découverte de la chanteuse Charlotte Savary sur « Our Dance », sa voix devenant plus ensorcelante avec cet enrobage de violons désenchantés du plus bel effet. Le hip-hop n’est jamais loin grâce à la présence des américains des The Others (qui nous viennent de la ville de Charlotte) sur « Where’s My Heart At » et « Walk The Line ». Au début les gens ne savaient pas trop comment classer ce type qui est féru de hip-hop à la base. Dans l’électro? un peu trop fourre-tout, trip hop convient mieux pour cette expérience sonore fort mémorable. Sa musique en live prend une toute autre dimension où le visuel joue beaucoup, c’est là d’où vient le terme de « abstract hip-hop cinématographique ».
LA NOTE : 18,5/20


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