Dans mon top5 des albums préférés de Prince, il y a le méconnu The Rainbow Children. En 2001 en regardant Canal+, je découvre par hasard une publicité pour un nouvel album de Prince (son 24e…) qui s’appelle The Rainbow Children. De la promo? Alors qu’il n’avait aucune maison de disque? Cela m’a étonné sur le coup mais hé, c’est Prince bébé.
En effet, à cette date, Prince était un artiste libre et (en) indépendant, après sa séparation avec Warner et ses passages par EMI puis Arista. J’ai déboursé plus de 20 euros pour un CD dont je n’avais même pas cherché à télécharger un seul morceau. Sachant que Prince avait mis à dispo des extraits gratuitement en format mp3 sur son site internet. Lui et les Public Enemy étaient des précurseurs dans ce domaine, de se lancer dans le digital, ils n’avaient pas peur des nouvelles technologies pour toucher leur public. Mais moi j’avais un modem 56K…
Bon, les cinq premières minutes d’écoute sont hyper cheloues, le temps qu’on réalise que la grosse voix transformée sert pour la narration et que Prince nous propose là un magnifique album aux teintes très jazzy. Une histoire sur fond de soul/jazz? Je dis oui pour le concept. Lecture aléatoire interdite ! Il faut écouter les morceaux dans l’ordre pour suivre la narration mais moi je ne vais pas faire ça pour en parler. Pour les infusions de soul et de jazz, « Muse 2 the Pharaoh », « Mellow », le joyeux « Everywhere » nous gâtent, l’orchestre derrière Prince est vivifiant.
On adore aussi le clin d’œil à James Brown sur « Work pt 1 » et à la P-Funk sur le coquin « 1+1+1=3 ». Le doux et chaleureux « She Loves Me For Me » est un incontournable pour la cuffin season. Le « Digital Garden » a conservé toute sa fraicheur durant 25 ans (cette rétrospective est écrite en 2026). D’autres morceaux sont strictement instrumentaux (« The Sensual Everafter ») ou servent seulement à la narration avec la grosse voix là (« Deconstruction »). Rien n’est laissé au hasard et à chaque écoute on découvre de nouveaux détails, la musicalité de Rainbow Children est très riche.
Passé les 8min de « Family Name » qu’on ne voit pas passer tellement c’est du pur plaisir auditif, Prince nous refait un super jam à la « It’s Gonna Be a Beautiful Night » (morceau phare extrait de son chef d’oeuvre Sign ‘O’ The Times) pour « The Everlasting Now » qui se poursuit sur la superbe conclusion « Last December ». Prince est musique. The Rainbow Children est le genre d’œuvre atypiquequi s’apprécie de plus en plus à chaque écoute et qui dévoile une facette inédite de Prince, mature et sage. Aujourd’hui il est sur toutes les plateformes de streaming, vous n’avez plus d’excuse pour le (re)découvrir.
LA NOTE : 19,5/20.


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