Premier contact, visuel, avec cette pochette holographique où Prince est entouré des danseuses Diamond et Pearl, ça ne s’invente pas. Et voici le nom de son nouveau groupe : bye bye The Revolution, bonjour New Power Generation, abrégé en NPG pour les habitués.
Une main innocente presse le triangle ‘play’ :
« ‘Twas like THUNDER, all thru the night
Promise to see Jesus in the morning light
Love said ‘take my hand it’ll be alright’
Promise to save your soul tonite
THUNDER »
J’étais tétanisé les premières secondes, genre la messe commence. Je n’étais qu’un gamin lorsque mes parents ont écouté ce 💿, je comprenais rien à tout ça, toutes ces allusions phalliques. Tout ce que je voyais dans le clip de « Cream » un petit gars avec une coup de cheveux incroyable qui débordait de sensualité avec sa guitare, troublant mais j’adorais (ma mère aussi). Ses clips passaient souvent dans le Top 50 sur Canal +, et j’étais renversé par ce sens inné de la provoc’ en se jouant des codes vestimentaires masculins, même si c’était soft, rien que ça déjà. Plus tard, avec la puberté, j’ai compris que ‘cream’ était une ode à la fellation.
Fallait oser, mais il fallait s’en douter à la façon dont Prince manie sa guitare comme un chibre turgescent. Ce n’est pas la seule incitation à la débauche, le rythme tentateur de « Gett Off » est un parfait euphorisant ultra-sensuel et aphrodisiaque (« 22 positions in a one night stand »). Le parfum est fatal : cette indécence qui appelle à l’acte charnel, dans l’incandescence provoquée par des riffs de guitare électrique et cet air de flûte qui mène la danse du ventre (et des hanches). La batterie fait aussi son effet, ça claque sec comme sur des fesses.
Nous sommes donc au début des années 90, une période faste pour le Hip Hop et le New Jack, et Prince y a su parfaitement adapter sa musique en conséquence. Parmi les NPG se trouvent Tony M et l’inestimable Rosie Gaines qui rappent sur « Jughead » et le diablement funky « Push ». Rosie est d’ailleurs la vedette du morceau-titre cérémonieux, la parade nuptiale « Diamonds & Pearls » et c’est rien de dire que ses vocalises hérissent les poils. Dans une veine plus slow, le long « Insatiable » est romantico-érotique à souhait. Moins titres pour adulte, les mid-tempos « Strollin’ », « Walk, Don’t Walk » calment le jeu de séduction par des fantaisies urbaines agréables, alors que « Money Don’t Matter 2nite » parle de sujets plus sérieux d’adultes. A écouter un jour de blues pluvieux, un de mes titres préférés de la discographie de Prince.
« Live 4 Love » est le feu d’artifice final de Diamonds & Pearls, ça arrive à la fois comme un orgasme musical explosif et comme le décollage d’une fusée, sept minutes intenses et rythmées. Que demander de mieux comme conclusion? Je parle pas non plus des nombreuses face B qui n’ont pas terminé sur l’album, le plus connu étant « Horny Pony » (poney en chaleur, quelle image haha). Titre qui figure maintenant sur la version super deluxe de la mort qui tue parue en 2022, dont voici le lien:


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