N.W.A. « Straight Outta Compton » @@@@@©


1988. Un tremblement de terre de magnitude 9 sévit en Californie. L’épicentre se situe au niveau d’une villes les plus chaudes de la banlieue de Los Angeles, à Compton. Cinq Niggaz Wit Attitude sont à l’origine de ces secousses dans les rues de L.A. et les bureaux de police, chamboulant toutes les règles préétablies du hip hop (unity, peace, love and having fun haha) : Ice Cube la plume incisive et engagée, le génial Eazy ‘motherfucking’ E qui gère aussi le business, MC Ren, le légendaire producteur/rappeur Dr Dre et enfin DJ Yella. Il y a eu aussi Arabian Prince mais il quitta le groupe après leur premier EP auto-produit NWA, EP qui a servi de première pièce de base à ce monument du rap.

Débarquant de manière brutale, nos NWA ont enfoncé des portes et frappé un coup à la nuque du Hip Hop. Une révolution était en marche : celle de l’émergence d’un gangsta-rap revendicateur et difficilement contrôlable. Straight Outta Compton a connu un retentissement tel que non seulement le monde du rap de l’époque s’en est trouvé affecté, voire métamorphosé, mais aussi tous les Etats-Unis, du plus simple citoyen aux hauts fonctionnaires qui cherchaient à tout prix à endiguer l’influence du « groupe le plus dangereux du monde ».

Cette chronique a été écrite bien avant la sortie du biopic Straight Outta Compton.

Nous sommes donc sur la Westcoast, à la fin des années 80, et le ‘gangsta rap’ vient de naître définitivement. Il y en a eu des prémices ça et là peu avant (Ice T, Boogie Down Productions et Public Enemy à New-York). Le G Funk n’existait pas encore mais le génie Dr Dre pose sur ce monument les bases du gangsta funk : grosses basses, ‘funky ass beats’ comme ils disent, sur lesquels les quatre rappeurs (en comptant Dre) posent des propos réalistes sans aucune bride, des points de vue qui dérangent. L’introduction de « Straight Outta Compton » commence ainsi, par cette phrase devenue culte : « You’re now about to know about the strenght of the street’s knowledge ». La rebellion peut enfin commencer. Les premières secondes font très très mal : les paroles sont très hardcores, ce qui a l’époque était une nouveauté puisque personne n’avait jamais osé braver les limites d’une vulgarité gratuite devenue courante aujourd’hui. C’est dans ce sens là où cet album est révolutionnaire, en plus d’être politique comme pour les Public Enemy. Les N.W.A. ont amené la drogue, les armes et les profanations dans les maisonnées.

En premier lieu, les cinq NWA s’attaquent aux forces de l’ordre avec le morceau culte qui les a rendu célèbre, l’hymne trans-générationnel « Fuck Tha Police« . Bavures, racisme, les n****z touchent des points sensibles, à tel point que le label Ruthless Records (appartenant à Eazy-E et Jerry Heller) reçut des avertissements (pour ne pas dire des tentatives d’intimidations) de la part du FBI. Mais les hostilités ne s’arrêtaient pas là, NWA emmerdait réellement les principes et de la morale, avec des propos ultra-misogynes, traitant ouvertement (et vertement) certaines femmes de ‘chienne’ (‘bitch’) sur « I ain’t Tha 1 » et « A Bitch Iz A Bitch« . Le groupe n’a rien à perdre et la controverse est est l’une des origines de leur succès triomphal, cumulé d’un public des plus receptifs, et peu importe la couleur. Les violences continuent avec le mythique « Gangsta Gangsta« , « Something Like That » ou « If It Ain’t Ruff« , où comment faire passer des messages outranciers jusqu’à l’extrême à travers des instrus très funk sur TR 808.

Une des perles de Straight Outta Compton est « Somethin 2 Dance 2« , uptempo funk endiablé typique des 80z, avec un breakbeat bien old school datant des premières heures du HH signé Arabian Prince. Dr Dre s’octroie son premier morceau solo sur « Express Yourself« , utilisant cette boucle fort sympathique de Charles Wright. Le morceau est écrit par Cube, qui compose également pour Eazy-E avec MC Ren. Côté performances de Ren, Eazy et Dre, on s’en tiendra à l’excellent freestyle « Compton’N Tha House« , qui est en fait un morceau live. Beaucoup de remixes également, dont celui du fameux « Dopeman« , des versions réactulisées des titres figrutant sur l’EP très rare NWA & The Posse (avec le Filafresh Crew).

Inutile de rappeler que les NWA ont véritablement tourné une page de l’histoire du hip hop à l’échelle mondiale. Leur médiatisation résultant de leur image de groupe ultra-violent et le succès qui l’accompagné, pourri par le business foireux de Jerry Heller, a commencé à provoquer entre membres des tensions et des exacerbations d’égo. Ice Cube claquera la porte quelques mois plus tard, celui-ci commençant sa propre carrière solo.

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