19 ans seulement pour le déjà célèbre MC du Queens lorsqu’il sort un second chez le jeune label Def Jam dont il est le fer de lance. BAD est un acronyme pour ‘bigger and deffer’ mais il faut dire que Ladies Love Cool James est bien énervé sur ce disque. Qu’on se le dise, en 1987, LL Cool J a été BAD avant Michael Jackson.
Rick Rubin n’étant cette fois plus à la production, LL a regardé vers l’ouest avec le L.A. Posse, un crew de 4 producteurs dont Muffla, Big Dad, DJ Bobcat et un certain DJ Pooh, qui se fera un nom tout seul en produisant pour Ice Cube et Snoop Dogg pour ne citer qu’eux. En fait, LL a fait comme ses (anciens) collègues les Beastie Boys, qui ont produit leur 2e album Paul’s Boutique aussi avec des californiens, les Dust Brothers (qui produiront les frères Hanson dans les années 90, juste pour l’anecdote). La première track de l’album est celle qui lui donne son titre, « BAD », et c’est amusant de voir le jeune LL sans poil au torse et les muscles moins gonflés faire des petits pas de danse en survêtement, le légendaire bonnet Kangol sur la tête et grosses chaines en or. C’est mignon aussi ses punchlines, je pense à « I’m notorious, I crush you like a jellybean » (« je suis célèbre, je t’écrase comme un bonbon à la gelée »); OUH COMME IL EST DUUUUR. Le rap hardcore c’est pas pour tout de suite..
Evidemment, tout l’album est fait du même bois, entre des caisses claires à foisons, scratches entre les couplets (les refrains n’étaient pas encore d’actualité), mélodies et samples minimalistes (on reconnaitra le thème de Shaft sur « Get Down », du rock comme c’était un peu coutume autrefois sur « Go Creator Cut Go »). Une impression de désuétude fortement ressentie à l’écoute de rythmiques comme celle de « Bristol Hotel », le flow ultra old-school, les rimes qu’il balance façon égotrip, et c’est parfois très répétitif; l’époque des boombox et survêts fluos flashy quoi. « The Do Wop » avec son vieux sample ne vieillit pas bien… Jusqu’à ce titre phare de BAD qui propulsera LL Cool J à l’international : le premier crossover rap/r&b de l’histoire, « I Need Love » (ah ces notes de synthés!). Et oui, c’est bienun bob Le Coq Sportif qu’il a sur le crâne du rappeur. COCORICO. Enorme succès, les 45 tours s’arrachaient comme des petits pains. Cette oeuvre modifiera la trajectoire de LL de MC à rappeur-lover real quick.
Pour un second album, LL Cool J s’en est bien tiré en s’affirmant davantage comme quelqu’un de déjà indispensable à la musique rap, à une période où les mauvaises langues disaient que cette musique n’était qu’un effet de mode. Comme ils se sont trompés… Pour information, LL a restauré dans les années 2020 sa rutilante Audi 100 rouge figurant sur la pochette de l’album.
LA NOTE : 14/20


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