Si vous n’avez jamais entendu parler de DJ Shadow, vous devriez avoir presque honte. Ce DJ de San Francisco, aussi incontournable que méconnu du grand public, nous a offert en 1996, il y a trente ans donc, l’un des meilleurs disques de Trip Hop jamais conçu. Ré-écoutons (pour la pénultième fois) ce pur diamant composé de onze compositions, plus une introduction et un interlude quasi indispensable rien que par son nom, « Why Hip Hop Sucks In ’97? » et sa réponse, évidente, donnée à la fin.
Des compositions autodidactes aux structures toutes aussi surprenantes les unes par rapport aux autres, à l’algorithme imprévisible, avec des beats parfois martelés et lourds, certains inspirés du punk/rock (« Stem – Long Stem »), sur lesquels s’ajoutent des samples hypnotiques qui évoluent le long des morceaux, changent en fonction du beat (« Napalm Scatter – Scatter Brain »)… Un autre exemple éclatant : « Midnight in a Perfect World ». Ce chao organisé reste profondément urbain, et humain, une forme d’expression libre par des samples jamais laissés au hasard. Chaque création possède sa propre ambiance, tantôt angoissante, tantôt jazz, avec un petit point d’orgue fabuleux (« Organ Donor », à juste titre).
Il n’y a qu’à fermer les yeux et laisser s’inspirer votre imagination en fonction de la musique, comme sur « What Does Your Soul Look Like pt 4 et pt 1 », rien de tel pour apprécier ce chef d’oeuvre. Pour tout vous dire, ‘Endtroducing’ est un véritable disque-étalon dans le monde du Trip Hop. La fin-troduction, en effet, d’une carrière. Difficile de faire mieux, même 30 ans après, si ce n’est de l’écoutant dans des versions remasterisées de ouf avec les récentes rééditions vinyles.
LA NOTE : TROP HAUT


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