Ce que je me sens ieuv à faire des chroniques d’albums qui ont 20-25 voire 30 ans et plus. Là, le sujet c’est ce troisième album du groupe d’acid-jazz emmené par Jay Kay sorti vers le milieu des années 90, leur plus gros succès planétaire, parce que oui, c’est sans doute leur album le plus « commercial », dira-t-on. Pour l’anecdote, Travelling Without Moving est d’abord sorti au Japon puis en Europe en Septembre 96.
Le premier voyage immobile de l’album est un saut dans le futur. Limite ‘retour vers le futur’ en fait. Ce fut écrit à une époque où quasi pas de gens avaient une connexion internet, tournaient sur des Pentium 200 tout au plus avec 32 Mo de RAM… et quand on voit ce qu’il se passe aujourd’hui, avec les IA, les réseaux sociaux tout ça, « Virtual Insanity » prend tout son sens. C’est plus que jamais d’actualité, c’est ouf comme cette chanson à la mélodie de piano et aux violons groovy était visionnaire.
Seconde chanson, second single, une « Cosmic Girl » d’une autre galaxie. En images, la course entre une F40 et une très rare Lamborghini Diablo Jota à la poursuite d’une Ferrari F355. Jay Kay est un collectionneur de voitures de sport et il a eu pas mal de souci avec son permis (l’alcool, la vitesse, tout ça…). Au point de reprendre pour l’artwork de l’album le logo de Ferrari sur lequel est dessiné le Buffalo Boy à la place du célèbre cheval cabré. Ah et ces sonorités cosmiques et le toucher de Toby Smith au clavier, un petit riff funky et c’est parti mon kiki. D’ailleurs la Lambo, on peut l’entendre faire un 0 à 100 sur l’intro de « Travelling Without Moving ».
Toujours provenant d’une galaxie très très lointaine, la référence à Star Wars pour « Use the Force ». « Everyday » revient sur terre pour une ballade nocturne qui a beaucoup de charme, avec le bassiste Stuart Zender à la co-écriture (le passager dans la Lambo c’est lui). A propos de ce Stuart, Travelling Without Moving est le dernier album de la formation avec cet insolent talent à la basse… (oui c’est vraiment dramatique, ses lignes de basses vont terriblement manquer par la suite). S’ensuit après un petit détour par la Jamaïque avec l’essai reggae « Drifting Along », puis deux instrumentaux « Didjerama » et « Didjital Vibrations » qui mettent l’accent sur ce drôle d’instrument traditionnel venu d’Australie qu’est le didjeridoo, joué par Wallis Buchanan.
Les deux dernières chansons (avant l’énorme bonus track « Funktion ») parlent d’amour, enfin c’est pas si sûr pour « You Are My Love », mais tout en beauté et en douceur pour la déclaration « Spend My Lifetime ». Voilà un peu le résumé de cet album des Jamiroquai, pas le meilleur, nettement moins engagé politiquement, mais aussi essentiel que les deux premiers, ne serait-ce que pour ses tubes indémodables qui ont permis à la funk de rester en vie dans les années 90.
LA NOTE : 18,5/20


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