Chroniques Rap, Soul/R&B, Electro…

DJ Shadow « The Private Press » @@@@½


Six ans de patience, c’est le temps qu’il aura fallu pour voir naître The Private Press. C’est long et dur (…) de faire le successeur d’un monument du trip hop tel que Endtroducing. Mais fallait bien ça pour que les choses se tassent et passer à autre chose. Nouveau, mais on ne part pas en terre inconnue, très vite on retrouve nos marques, l’atmosphère, les batteries en guise de signature, la mélancolie et ça dès « Fixed Income ». C’est… différent sans vraiment l’être. Amusant d’ailleurs le numéro de DJ frenchy sur « Un autre introduction » !

Une très belle pièce comme « Giving Up The Ghost » fait parfaitement la jonction avec Endtroducing, mais on est effectivement dans autre chose, d’ordonné avec maestria, un travail d’orfèvre une fois de plus. De la maturité sans doute, et une forme de sérénité. « Six Days » est la deuxième pièce maîtresse et il y a du chant! Pour chan…ger… Ce titre a quelquechose de spécial qui touche profondément, pour parler du temps qui passe. Cette track a eu droit à un très bon remix avec Mos Def sur la BO de Fast & Furious Tokyo Drift pour l’anecdote. Le sample provient du titre « Six Day War » du groupe Colonel Bagshot et il date du début des années 70. Il a été récemment samplé par Kanye West pour « Just You So Remember » de Pusha T.

L’air de guitare de « Mongrel » et sa suite « Meets his Makers », on l’a forcément entendu quelque part, c’est obligé, c’est dans la mémoire commune. Dans une publicité? Un générique? Ou est-ce DJ Shadow qui est l’origine de ce phénomène surnaturel? Qui sait… « The Right Thing/GDMFSOB », ça part d’une vieille boîte à rythme de tango pour finir par jongler entre électro et breakbeat hip-hop, comme si on passait d’un vinyle à l’autre avec des transitions parfaites. Frais et divertissant, tout comme le « Monosyllabik pt 1 & 2 ». On se demande comment il a eu l’idée d’assembler toutes ces sonorités ensemble à un instant t, ça tient du niveau subatomique. On ressent chaque effet sonore, chaque moindre son remue nos méninges, comme un casse-tête qui se résout de lui-même.

C’est vrai qu’on prend un malin plaisir à écouter ce Private Press relativement plus fun que le premier, aussi pour les phase de scratches de dingo sur « Walkie Talkie » (les cainris ne disent pas ‘talkie walkie’).  »Disc-jockey Ombre » a aussi cette capacité à raconter des histoires sans en narrer, comme sur l’effréné « Mashin in the Motorway » et sa suite dramatique, le (trop) long « Blood on the Motorway », avec du chant encore. Quelle construction encore, absolument. Un morceau bonus sur l’édition limitée, et pas des moindre : « Pushing Buttons » avec Cut Chemist et DJ Nu-mark, les artisans DJ/producteurs des ultra-respectés Jurassic 5.

LA NOTE : 18/20

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