Juillet 1989, les Beastie Boys ouvraient Paul’s Boutique, avec de tout et n’importe quoi, mais surtout plein de grands classiques de l’époque. Le trio de Manhattan avait marqué l’histoire du hip-hop à jamais avec Licensed to Ill chez Def Jam en 86. Trois ans après, c’est une toute autre histoire qui se déroule, chez Capitol Records, label basé à L.A.. Rick Rubin, Def Jam, tout ça, c’était déjà devenu de l’histoire ancienne. Fini le « made in NYC ».
Déménagement pour une maison sur la côte ouest et dans le studio Record Plant. A la prod : les Dust Brothers, duo californien relativement anonyme qui a produit « Mmmmmbop » pour les Hanson HAHA! Et la BO de Fight Club !! De base très rock, c’étaient aussi des fondus de samples. Tellement mordus qu’ils usent jusqu’à 15 (QUINZE) samples pour UN SEUL titre (le funky « Hey Ladies »). Soul, rock, pop, funk, breakbeats, tout y passait. Prince Paul était un petit joueur à côté. Contre 1 un sample pour l’intro jazz « To All the Girls ». Autant dire que ce richissime contenu est un terreau de jeu pour nos coureurs de jupons et pourfendeurs de wack Mcs, Ad-Rock, MCA et Mike D. Et ça casse moins les oreilles que leur 1er opus. C’est sensiblement moins rock, exception faite de « Looking Down the Barrel of a Gun ».
Pourtant Capitol a très peu soutenu Paul’s Boutique, d’ailleurs ce album fut un flop commercial, néanmoins les critiques de tous bords furent éblouis et unanimes par les expérimentations géniales et loufoques (aaah ce cultissime « The Sounds of Science » avec son changement d’instru). Ah et cette façon de rapper à la fin des années 80, leurs petits tours de passe-passe de mic… Ce truc bien old school qui contraste dans le temps présent avec le caractère indémodable des beats, assez funky.
Comment je suis dingue rien qu’en écoutant « High Plain Drifters » !
Mais l’immense pièce qui a envoyé les auditeurs au 7e ciel (et au-délà) est le final d’anthologie « Hip-Hop Bouillabaisse ». Ouais comme la spécialité marseillaise. Un titre fou subdivisé en 9 (!!!) parties. Personne n’a su récréer un pareil merdier, quelle tambouille ! Ça explose le nombre de samples au point que ça aurait pu coûter un pognon de dingue. On y retrouve entre autre « A Year and a Day » qui sample « That Lady » des Isley Brothers (le même que « I » de Kendrick). Et puis le fameux « Hello Brooklyn » re-utilisé par Jay-Z sur American Gangsta.
Paul’s Boutique mérite encore aujourd’hui des éloges et adjectifs très en vogue, comme classique, épique, iconique. Mais aussi joyeusement dingue, novateur, intemporel, une aventure culte de l’époque des bonnes vieilles VHS, radios K7, NES et télés cathodiques. Si Licensed to Ill a mis en avant l’état d’esprit provoc’, juvénile (puéril?) et comique des Beastie Boys, Paul’s Boutique est LE Blueprint de leur musique et posé le groupe comme un pilier de la culture Hip-Hop. Tant de choses à re-découvrir sur cette œuvre !
LA NOTE : 20/20


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