Premier LP, sur deux, du super-trio de L.A. Westside Connection, formé de criminels baraqués en Converse vêtus de noir :
– le gangster ‘neutre’ (ni bleu, ni rouge) Ice Cube,
– le killer WC (dit « Dub-C », des Crips)
– le dope-dealer Mack 10 (affilié aux Bloods).
« The Gangsta, The Killer & The Dope Dealer » aurait pu être le sous-titre. Ice Cube, tout le monde le connaissait, c’était devenu aussi une star d’Hollywood et c’est lui qui a lancé la carrière de Mack 10 en 94. WC (rien à voir avec les chiottes) n’est pas d’Inglewood mais de South Central, comme Cube, et avait démarré sa carrière avec les groupes Low Profile et Maad Circle. Rappel ici que le signe « W » formé avec sa main et démocratisé par 2Pac, n’a rien à voir avec le Wu (qui se fait avec les deux mains). C’est W pour WESTSIDE, ou Westcoast, évidemment.
22 Octobre 1996 sort ‘Bow Down’. Son dessein : la domination mondiale. Dicter et imposer les grandes lignes du gangsta-rap style californien qui terrorisait le rap game à cette époque où Ice Cube était quasi intouchable, surtout quand il élevait la voix bien véner. On n’appellera pas ça du G Funk, plutôt de la gangbang music, pas du rap pour danser mais pour le boogie. On se rappelle justement cet extrait du mythique Up In Smoke Tour avec l’extrait « Hoo Bangin » avec cette petite démonstration de ‘crip-walk’ de Dub-C.
Vous l’aurez compris, Bow Down est un pur concentré, à dose presque létale, de gangsta-rap, avec des textes et attitudes de criminels assumés, et des méchants instrus comme coups de massue servis par Bud’da (qui était là au début d’Aftermath) et QDIII (écrit parfois QD3). Tout l’album a été enregistré au domicile d’Ice Cube, à l’exception de « Gangstas Make The World Go Round » où c’était carrément en Afrique du Sud, ce qui explique ptet cette vibe particulièrement exotique (merci le sample de « People Make The World Go Round » des Stylistics). Ce qu’on aime avec la Westside Connection, c’est que les gars font rimer « westside » avec « bestside » et maitrisent le politiquement incorrect comme des professionnels, et comme le Dogg Pound, ils adorent provoquer des cauchemars sur la Côte Est (« All the critics in New-York »).
Ce qu’ils détestent, c’est dit sur « Cross’em Out & Put a K », où Ice Cube s’en prend violemment à B-Real et DJ Muggs, et WC agresse Q-Tip carrément! Et ça devient plus violent encore sur « King of the Hill » qui est un diss complet envers les Cypress Hill (un gros fuck à eux). Pourquoi sont-ils si méchants? Pis sur « Hoo Bangin », ils taclent en plus Common à la gorge en s’appropriant la ville de Chicago. Enfin c’est ce qu’ils disent, pas moi… On ne peut que s’agenouiller face à l’efficacité de la Westside Connection et jubiler face à leur férocité quand il est question de prouver qui sont les boss dans ce milieu.
LA NOTE : 19/20


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