Alors que j’écoutais encore à fond le génialissime Chromakopia, Tyler a balancé sans publicité un court album durant l’été 2025, Don’t Tap The Glass. « Super chouette » me suis-je dit ! Surtout que la pochette faisait envie, montrant un Tyler the Creator en mode b-boy torse nu en survêt’ rouge et bob, grosse chaîne en or, façon LL Cool J dans les années 80. Alors allons-y gaiement.
Dites bonjour à « Big Poe », le nouvel alter-ego de Tyler. Cela commence à faire beaucoup non? Ils sont combien à se bousculer dans sa tête? En tout cas, ce specimen-là crache carrément « I hate lightskin niggas, on my mama/I like darkskin bitches like my mama/I like lightskin bitches like my daddy/ You ain’t like that line? Not my problem ». Avec Poe en featuring, pour deux couplets, un autre alter-ego, Sk8brd, que l’on reconnaît comme étant Skateboard P, Pharrell Williams qui rappe. Et qui rappe vachement bien en fait… L’attitude est très old school mais côté instru, ça reste des créations de Tyler passablement inspirées je trouve. Le méchant single « Stop Playing With Me » et « Don’t Tap The Glass/Tweakin » continuent dans cette veine-là. Sans trop me convaincre, j’ai le sentiment que Tyler peut faire mieux en MCing.
Ce neuvième album studio est aussi très hétérogène. « Sugar On My Tongue » (qui est diffusé sur Radio Nova) fait beaucoup penser à du Gorillaz par exemple. « Sucka Free » et surtout l’extrait funky « Ring Ring Ring » avec son style années 80/90 ont une vibe très estivale, légère et cool. Le titre rappelle forcément le tube des De La Soul, même si le beat est pas du tout hip-hop jazzy dans le cas présent. Mais la fibre nostalgique fonctionne très bien avec cette agréable revisite de « Ring Ring Ring », ça donne envie d’utiliser un vieux téléphone comme dans Derrick. Sur « Don’t You Worry About Me », c’est la divine Madison McFerrin qui est mise à l’honneur, Tyler en retrait, et c’est sympa de entendre la chanteuse sur ce mood bien r&b 90s. « I’ll Take Care of You » avec la chanteuse Yebba est pas loin de l’instrumental avec son sample de Crime Mob.
Dans l’ensemble, j’ai du mal à saisir quand même le concept de l’album. Don’t Tap The Glass est fun mais très court, et contient peu de titres rap au sens catégoriel. L’ambiance inspirée de la fin du siècle dernier est cool certes, néanmoins ça part un peu trop dans tous les sens. La DA n’est pas creusée à fond, il y a comme des ‘trous’ dans la raquette. Tyler a de l’énergie et des idées à revendre, en dispersant trop cette fois. Dans sa discographie très riche, Don’t Tap The Glass ne paraît être qu’une parenthèse.
LA NOTE : 14/20.


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