Parmi les artistes découverts via les suggestions de plateformes de streaming, DUCKWRTH est apparu sans prévenir, avec des sonorités très sympas typiques d’un gars qui s’est affranchi d’emblée des codes du rap et autres stéréotypes. Car voyez-vous, cet artiste basé à South Central sorti de l’Académie des Arts qui a démarré sa carrière en 2016 n’a rien d’un gangster, et ne propose pas non plus du rap style californien, ni du street-rap du tout. A vrai dire, je ne m’étais même pas informé à son sujet quand j’ai écouté ses deux projets en 2020, SuperGood et SuperFunk, ce n’était pas essentiel pour moi.
C’est à l’occasion de la sortie de son mini-album CHROME BULL en 2022 que je me suis un peu plus intéressé à cette artiste à part qui cultive sa différence en affichant son appartenance à la communauté queer. Ce projet contenait d’abord 8 titres et ce n’était vraiment pas suffisant vu le potentiel. Entre, rap, r&b et électro, comme si cela ne faisait qu’un, ce projet avait un charme certain avec des titres au rythmiques house loungy comme « 11:30 », « Sneaky » et « Power Power », 8e et dernière track qui redonnait un gros coup de boost pour finir comme pour relancer la soirée. Ce n’était pas très logique.
D’où cette suite DLX? C’est une hypothèse. En tout cas ces quatre nouvelles track (« 007 » est présente en deux mix différents) ne sont pas de refus et n’ont rien de fillers. Plus que du rab deluxe, c’est un vrai prolongement de l’album initial qui ne se prive pas d’une touche de classe avec des courts passages en français, le plus audible étant sur « Ce Soir » avec Syd des Internet (où il n’est pas question de coucher mais manger…). Si DUCKWRTH prononce bien ces phrases dans la langue de Molière avec peu d’accent, je ne suis pas certain qu’il utilise la bonne sémantique… Mais les références sont plaisante, à Dragon Ball (« Super Sayian »), James Bond (« 007 » avec son sample de violon ultra-classe), la drum-n-bass (« Pray » avec la bien nommée GAWD)… La culture pop de notre génération quoi.
Aimant beaucoup la house, je me suis passé plusieurs fois « 11:30 » puis « Feels the Feels », bien emmitouflé dans la nightvibe des basses avec l’anglais Kojey Radical (lui aussi une très bonne découverte durant le COVID). Les producteurs? Que des inconnus au bataillon. Difficile de classer DUCKWRTH? Pas spécialement, en écoutant « Sticky Situations » il est évident qu’il se case dans une veine dance-rap de moins en moins marginale, aux côtés de GoldLink, IDK, Kaytranada et Aminé pour ne citer que les plus connus. Mais même dans sa version étendue, Chrome Bull me semble encore trop court.
LA NOTE : 15,5/20.


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