Il y a un mois, je n’aurai pas parié un péso sur Lil B le prétendu Based God. Le voir poser sur une prod de 9th Wonder sur sa mixtape Illusions of Grandeur ? Une erreur de parcours m’étais-je dit. Ce membre du groupe The Pack révélé grâce au single « Vans » cinq ans plus tôt a tout de même réussi a piquer mon intérêt avec l’intitulé de son dernier album : I’m Gay.
Choc du titre, polémique… La parenthèse (I’m Happy) qui annule l’ambiguïté du terme ‘gay’ n’a pas éteint l’incendie des lobbyistes anti-homophobie également, et la défense d’un Lupe Fiasco (dont les propos actuels ne lui apportent plus beaucoup de crédibilité) parlant d’un album génial et révolutionnaire a accentué le buzz. Sans parler du piratage du site d’Amy Winehouse par les fans de Lil B. Puis BAM, le rappeur balance un lien pour télécharger I’m Gay « au lieu de dépenser 10$ », dixit l’intéressé. On dit quoi? Euh… hé bien… merci Based God, sans ça je n’aurai pas écouté I’m Gay.
A ma grande surprise, ce douze-titres est riche en samples ! Qui plus est très bien sélectionnés (« Game », « Unchain Me »…). Et j’en oublie presque son attitude swag tellement je suis impressionné par la modestie apparente du bonhomme dans ses lyrics. Il raconte simplement le récit d’un rappeur de la Bay Area, hétéro et gai, qui se rend compte de ce qu’il a et de la chance d’avoir la vie qu’il a. Plutôt que de jouer avec les clichés de ‘hood rich’, Lil B arpente la vie sous un angle positif (« Gon Be Okay », un beau titre, « Get It While Its Good » et « I Seen That Light »). On le surprend également dans un élan de mélancolie sur « I Hate Myself ». Bémol toutefois : la monotonie de sa voix me fait piquer du nez sur deux, trois tracks, surtout lorsque son flow devient apathique.
Alors, putain de mixtape ou bon album ? Là n’est pas la question, je suis plutôt content d’avoir pu écouter I’m Gay. Après ce ‘coming-out’, je respecte le mec. No homo.

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