L’objectif des maisons de disques est d’aider les artistes à vendre leur album, quitte à encenser de manière démesurée (parfois bien plus qu’un artiste trop sûr de son produit) leur talent, leur style, leur musique, avant même que les auditeurs puissent se faire leur propre avis et que la presse ne contredise ces faits non-avérés. Et il peut se générer en retour une insatisfaction difficile à dissimuler de la part d’un public berné. Prenons un cas de figure, avec Teki Latex : MC patibulaire à la tête de melon qui cache en fait le cerveau du groupe TTC, le groupe d’electro-bobo-rap français qui s’était promis la consécration avec 3615 TTC. Au bout du compte, il a semblé que pas mal d’amateurs de Hip Hop ou de fans aient débranché leur minitel depuis belle lurette, ce qui expliquerait ce rendez-vous manqué (sauf pour les abonnés à crétin.fr).
Bref, Teki est ce genre d’artiste à l’égo engrossé par les flatteries et autres fabulations d’adeptes d’électro-pop, qui ont vu avec Party de Plaisir (Institubes/EMI-Virgin) se produire le plus grand fantasme musical de leur vie. Et pour cause, le duo Gonzales & Renaud Letang participe à la production cet opus, en alliant subtilement de la disco vintage héritée des 70s et 80s, des sonorités électroniques typiquement franchouillardes (à voir du côté de Emile & Image), avec de la pop variétoche et de la dance. Bref, la formule ultra-tendance et kitsch très en vogue à Paris. La partie Hip Hop se résume aux parties pseudo-rappées de Teki Latex, dont les textes planent dans le simplisme le plus farfelu, arrivant parfois à dépasser le premier degré au gré de quelques métaphores filées faciles à deviner (« Les Jouets » parle de sex-toys). Peut-être qu’il faudrait parler d’excentricités venues tout droit du monde des Bisounours pervers, de rêves d’un succès qui rend beau, une impression qui se confirme sur l’histoire d’une « Petite fille qui ne veut pas grandir » avec le génial Philippe Katerine. Les choses se gâtent quand Teki Latex se met à pousser la chansonnette ou s’inspire inconsciemment de Lil Jon (« Polo »), en plus attardé.
Quelques coups d’éclat subsistent dans ce méli-mélo d’ambiances discothèques momentanément réussi (« Disco Dance With You », « Electronic »,…), contrebalancés par des souvenirs de karaoké, notamment lorsque Teki Latex atteint le summum de la ringardise en la jouant Debut de Soirée sur « Go Go Go », pour nous faire taper des mains et claquer des doigts. Youpi. Il paraît que ça fait branché de sortir les vieux tubes du grenier, et les choses continuent de se gâter sur « Les matins de Paris » qui invite l’icône has-been Lio. En fin de compte, Party de Plaisir n’est qu’une oeuvre rétrograde qui ne fait que surfer dans la mouvance vintage eighties chic à la mode (de chez nous). Cet album est tout juste conseillé aux bobos apprentis jet-seteurs qui s’impatientent d’aller en boîte le samedi soir pour aller danser sur du David Guetta, Martin Solveig ou Mika.

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