Quelle Chris « Guns » @@@@¼


Après six albums chez Mello Music Group depuis 2011 avec des succès critiques à la clef, dont l’incroyable Everything’s Fine avec Jean Grae sorti l’an passé, Quelle Chris a fini par devenir plus qu’une des vedettes du label ou qu’un élément incontournable de la scène de Detroit : une vraie figure du indie hip-hop. Au point que la sortie de Guns fasse office de petit événement à ne pas manquer.

Ce producteur slash rappeur du Michigan est du genre autodidacte et ceux qui le suivent depuis ses débuts le savent fort bien. Son flow très parlé associé à une voix aigre, des lyrics texturés posés des prods sombres et caverneuses à la RZA lui confèrent une unicité dans le milieu. Mais avec un album qui s’intitule Guns, Chris a choisi de parler de quelque chose qui le touchent lui et son environnement au quotidien, un objet omniprésent qui fascine comme effraie, protège comme il tue et dont il s’est accommodé comme si c’était normal. Aux Etats-Unis, les armes en circulation sont plus nombreuses que le nombre total d’habitants. De cette thématique des armes à feu, il la transforme avec sa vision bien à lui en musique. Il n’y a pas de violence dans son discours politique et social, pas de gun talk, juste 11 tracks sur lesquelles il attaque, se défend, des tueries tout en métaphores.

Puisque c’est un album qui nous parle à tous, bien qu’en France la possession d’arme est interdite, Quelle Chris a consenti pour faire un petit effort et rendre sa musique moins alambiquée et c’est très bien. Il conserve tout de même la part belle aux samples et sonorités chelous (les synthés ténébreux très rétrogaming sur « Mind Ya Bidness« ) dont l’assemblage souvent étonnant n’est pas si contre-nature qu’il y paraît. Ses singles « Guns » et « Obamacare » sont d’excellents indicateurs de ce qu’on peut retrouver sur cet opus, clair pour que l’aborder ces extraits sont appropriés. Mais le panel s’élargit avec les jazzy (« Wyrm » et « Wild Minks » avec Mach-Hommy), le mélancolique « Straight Shot » ou le touchant « You, Me & Nobody Else » avec ce superbe sample vocal soulful et la voix de Jean Grae. L’antithèse d’un Westside Gunn.

On ne peut que féliciter un artiste qui arrive seul (enfin presque puisqu’il est aidé de Chris Keys) à concrétiser des idées qui fusent comme des balles dans sa cervelle trop bien faite. Sans doute qu’il a fait mieux sur de précédents albums, cela n’enlève en rien le génie de ce type qui ne cherche pas la popularité mais simplement d’exprimer son esprit créatif comme il le souhaite. Guns de Quelle Chris sera dans le top 10 hip-hop de 2019, sûr.

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