August Greene (Common, Karriem Riggins, Robert Glasper) @@@½


C’est un trio qui, sur le papier, a de quoi faire rêver. Common, légendaire Chicago MC, l’extraordinaire batteur-producteur Karriem Riggins et le compositeur soul/jazz de renom Robert Glasper, ensemble pour former ce nouveau groupe baptisé August Greene et donner vie à ce projet commun portant leur nom. Sorti d’abord en exclusivité le 9 mars sur Amazon, voilà enfin cet album disponible sur les autres plateformes de streaming. Il était temps.

Le point de départ d’August Greene a été le morceau « Letter to the Free« , vibrant extrait de l’excellent album Black America Again de Common sorti fin 2016 et entièrement supervisé par Karriem Riggins. Robert Glasper était également crédité sur ce morceau enregistré pour le documentaire d’Ava Duvernay 13th. Dans le style musical et la configuration, à savoir du hip-hop orchestré par des (deux) jazzmen dans la lignée des Soulquarian, ainsi de par son concept humain et politique, August Greene semble être une création cousine de Undun et And Then They Shoot Your Cousin des The Roots. Ces similarités avec les Roots sont d’autant plus audibles dans la façon d’imaginer des instrumentaux sans machine, avec des coups de batteries très sophistiquées de la part de Karriem Riggins et de douces petites mélodies de piano jouées comme des samples par Robert Glasper.

Bien que l’alchimie soit évidente entre nos trois hommes, la noirceur inattendue de l’esthétique ne sera pas du goût de tout le monde, surtout pour ceux qui n’apprécie que modérément l’amertume. Le premier titre « Meditation » donne l’impression de vous réveiller avec ciel pluvieux après avoir appris de terribles nouvelles la veille. Rien à voir avec la reprise de « Optimistic » des Sounds of Blackness interprétée par Brandy (chanson qui se trouve en avant-dernière place). Common reste fidèle à lui-même dans ses thèmes afro-centrés, surtout en ces périodes très troublées où la communauté afro-américaine doit à nouveau lever les poings depuis plusieurs mois pour faire respecter leurs droits face à un racisme décomplexé légitimé par une majorité du camp républicain. Dans le prisme d’August Greene, on peut y voir une projection dans le futur post-Obama et des espoirs assombris par le gouvernement Trump pour les jeunes générations. Cette pointe de désespoir se ressent vivement dans la voix si touchante de Samora Pinderhugues  sur les superbes « Black Kennedy » et « Practice« .

Ne pas être particulièrement emballé par l’habillage sonore d’August Greene est une chose très personnelle, qui dépend du ressenti et des attentes de chacun. Cela permet autrement d’apprécier les belles éclaircies qui se profilent comme l’instrumental « Aya« , « The Time » et évidemment le single « Optimistic« .  Et heureusement que « No Apologies » est présent au tracklisting pour donner un sursaut à ce projet vraiment très beau, poignant, y a pas à dire, mais qui d’un certain côté manque de rythme, de joie et méritait d’être plus marquant pour les esprits.

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