migos « CULTURE II » @@½


Profitant d’un alignement des planètes favorable, les migos ont dominé l’année 2017 qui avait débuté avec la sortie de leur album CULTURE propulsée par leur single hautement addictif « Bad and Boujee« . 364 jours plus tard, les trois larrons d’Atlanta en t-shirts Versace n’ont pas laissé à son public le temps d’attendre, CULTURE II est déjà là, avec deux fois plus de migos.

Et quand je dis « deux fois plus », c’est pas pour déconner : cette suite contient vingt-quatre morceaux (24!), pour une durée de cent-cinq minutes (105), soit la durée moyenne d’un film. Va falloir prendre son bâton de pèlerin, en regardant au loin car le chemin va être long. Ou faire en fractionné, c’est plus facilement jouable et c’était peut-etre la meilleure solution vu comment la première heure est laborieuse, avec des titres aussi passables que « Narcos » (ouais les rimes en ‘o’ et la guitare latino super clichés), le radio&b « Gang Gang » ou « BBO » avec 21 Savage. « Emoji a Chain« , « Crown the Kings » et « Flooded » avaient le potentiel pour être des monstruosités mais ne se contentant que réaliser des titres trap à la chaîne à un rythme industriel, c’est l’ennui qui devient monstrueux. Encore que le single « Stir Fry » (produit par un Pharrell Williams relativement neutre) fait le job. Niveau d’alerte décrochage (de mâchoire) maximal. Sachant que l’album prend du retard à l’allumage, ne commençant les choses sérieuses qu’à partir de « Auto-Pilot« , j’ai cette impression qu’il s’est écoulé trois heures alors que j’en suis au 14e morceau. Mais ne zappons pas trop vite, on pourrait passer à côtés de gros sons comme « Walk It Talk It » avec son hook passé au hachoir (et Drake accessoirement), « CC » featuring Gucci Mane, et à la limite « White Sand » avec Ty Dolla $ign, Travi$ Scott et Big ‘zzzzz’ Sean (sans $).

La bonne nouvelle, c’est que j’ai passé la moitié de l’album.

Notre de trio de rockstars de la trap ont mis les bouchées doubles, donc, et chacun des membres reste campé dans un rôle bien défini: Quavo s’occupe des refrains jamais sans son autotune, Offset c’est le fast fiancé de Cardi B et Takeoff a/k/a ‘Leftoffbadandboujee’ joue le rôle de la révélation de CULTURE II. Là encore je ne déconne pas, partout où il passe, Takeoff se distingue clairement de ses congénères en causant des fracas. Il est le seul gros point positif de ce second volume double. La seconde partie contient sa proportion de titres sans aucun interêt, si ce n’est de meubler et rallonger l’écoute de manière interminable (« Beast« , « Open It Up« , « Movin’ Too Fast« …). Elle est heureusement compensée par le single « MotorCity » en compagnie des copines Cardi B et Nicki Minaj, « Too Playa » avec 2 Chainz (et du saxophone qui apporte un plus indéniable) et la touche soulful « Made Men« , mais il faut le mériter ce petit plaisir car on en est à la 22e piste. Au moins ils ont eu la présence d’esprit de ne pas donner de suite à « Bad and Boujee »… Allez, plus quelques marches, s’il vous reste un zeste de courage.

Dans cet interminable flot de beats traps qui pourront paraître trop uniformes se retrouvent une partie du gratin des prodos de trap music. Il serait plus court d’énuméner ceux qui ne participent pas à ce bouillon de culture (808 Mafia, South Side, etc…). Quavo réalise pas mal de prods avec DJ Durel et on regrettera que Metro Boomin ne sois pas plus présent, trop occupé à faire des projets collab mmh? Après avoir teasé des semaines à propos de collaborations incroyables avec Kanye West, au point de laisser croire qu’il était le producteur éxécutif du projet (qui n’est autre qu’un certain Huncho, c’est-à-dire Quavo), il en résulte seulement 25% de part de la production de « BBO« … La montagne qui accouche d’une souris. Autre élément omniprésent sur CULTURE II : les ad-libs. Comme le dirait Jeezy, « ad libs everywhere! », voire en quantité insupportable. Beaucoup en usent dans la trap, c’est la norme. Mais un Future varie un minimum d’une chanson à l’autre, avec les migos c’est limite un TOC.

Vu leur popularité et le phénomène qu’ils représentent tous les trois on peut difficilement contredire le fait qu’il ne participent pas aujourd’hui à la culture rap, et un titre comme « Culture National Anthem » qui conclut ce disque fleuve semble justifié d’un certain point de vue. À ceci près que, pour rappel, les groupes adulés ne sont pas toujours les meilleurs et que leur contribution reste soumise à discussion (où est l’édutainment par exemple?). Avec la moitié des sons à retenir, ne contenant qu’un petit truc intéressant ou une micro bonne idée dans chaque titre, et l’autre qu’on met de côté ou à la poubelle, les migos en ont servi deux fois trop. Sans déconner, je n’ai aucun mal à renouveler mon abonnement au club fermé de ceux qui pensent que les migos sont surcôtés. Reste Takeoff qu’on retient comme la très bonne surprise de CULTURE II.

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