DEFARI « Rare Poise » @@@½


Prof d’histoire-géo le jour, MC la nuit, voilà la vie que mène Duane Johnson, à ne pas confondre avec son homonyme d’acteur bodybuildé. Vous connaissez certainement mieux ce californien sous le pseudo de DEFARI, pilier (de comptoir) du Likwit Crew, et proche des Dilated Peoples. Cela faisait dix années, oui dix ans au moins, depuis Street Music produit par Evidence, que le rappeur n’avait pas repris son activité nocturne. Cette fois, c’est plus indépendant que jamais, et même sans label mais toujours produit par Evidence, que Defari reprend le micro avec Rare Poise. Allez, on prend deux shots de ristrettos et on y va.

Le concept de Rare Poise, si tant est qu’il y en ait un, est dicté par un budget ric-rac : tout épurer au max, zéro superflu (sauf peut-être un interlude), morceaux courts qui ne gardent que l’essentiel et pour les featurings, ne garder que l’entourage proche (EV et Rakaa des Dilated, 2 membres du Strong Arm Steady…). Résultat de régime sec, Defari propose un petit album pas si soulful que ça, légèrement ‘noir-rap’ (à l’instar de Ka et Roc Marcy), avec de longues boucles incluant parfois des samples de voix ou qui suggèrent des ambiances nocturnes (« Champion Sound« , « Ralito’s Way« ). Le flow de Defari est plus ralenti que par le passé (du moins par rapport au souvenir qu’on en avait), sur le ton de la narration pour capter l’attention autour de ses récits, comme sur « Occupations » sur lequel il revient justement sur le fait que le rap est un hobby, un extra très très pris au sérieux (la preuve).

Tandis que l’ennui guette comme un flic en mission de surveillance durant des nuits froides d’automne, quelques instrus comme « Break Wide » viennent redonner un semblant de rythme, bien que le beat demeure minimaliste dans le cas que je viens de citer (juste des caisses claires et une note de synthé, rien de plus). Il semble évident que le visage Defari n’a plus le même visage que durant les précédents décennies et aussi on a connu Evidence plus inspiré à la prod, mais dans le genre hip-hop minimaliste et narratif comme le font des Roc Marcy ou Ka (les références en la matière), DEFARI tire honorablement son épingle du jeu avec très peu de moyens et quelques heures sup. Quand même, on reprendrait un café bien serré.

 

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