Leikeli47 « Wash & Set » @@@½


Cette rappeuse new-yorkaise porte un pseudo de chatteuse période Wanadoo et son premier album Wash & Set était l’une des nouveautés de la rentrée 2017 dont j’effectue l’épreuve de rattrapage (cette chronique est écrite peu avant la Toussaint). Celle dont je parle, c’est Leikeli47. Impossible de la louper, avançant dans un milieu masculin avec son visage masqué par des bandanas ou des cagoules colorées. Sûr que ça impressionne, personne n’a jamais vu ça avant. La curiosité est attisée face à cette artiste dont l’univers n’a rien d’aseptisé.

Leikeli47 n’est pas une bandite, c’est juste qu’elle souhaite conserver son anonymat, et pour éviter de juger quoi que ce soit sur son physique pour ne se concentrer que sur sa musique. Son ambition : devenir la meilleure et elle en fait une démonstration claire. Sachez déjà que, comme son consoeure anglaise Little Simz, la rappeuse de Brooklyn conçoit (sauf indication contraire) ses propres sons pour Wash & Set. 0% de featuring, elle fait vraiment tout toute seule. Autre caractéristique, plus évidente, Leikeli est fièrement féministe, mot qui rime avec ‘beats minimalistes’, aux influences boom-bap (« 2nd Fiddle » et « Don’t Do It » dans le genre hip-hop pur jus) et surtout, surtout, une pléthore de sémillants bangers à base de claps et de basses (« Miss Me« , « Bags« , « Money », « M.I.L.K« ) ou autres tempos infectés à l’électro (« Attitude« , le terrible « O.M.C. » avec de l’autotune en option, « Look« , « Wash & Set« ). Ce serait une grave erreur de sous-estimant le pouvoir dansant de Wash & Set.

Elle mène son rap précis et son chant aux légers accents jamaïcains (plus spécialement sur « Bubblegum » qui rappelle les belles heures d’Elephantman) pendant prêt de 40 minutes qui rendent le sexe opposé obsolète sur pas mal de niveaux (et c’est tant mieux). Ses modèles? Kelis et Beyoncé qu’elle considère comme des déesses, mais on pourrait citer aussi Missy Elliott pour ce petit brin de folie et d’originalité. Nicki Minaj? La comparaison ne me vient pas spontanément à l’esprit. En parlant de Kelis, elle est d’ailleurs samplée en screwed and chopped sur « Bags« , titre étalant son swag clinquant « mélangeant rock star et ghetto chick ». Puis c’est qu’on croirait d’ailleurs entendre la voix de Pharrell sur « Ho« … (la mélodie de piano est inspirée des Neptunes c’en est assez troublant). Petit plaisir aussi, ces choeurs soulful à la Missy Elliott sur « Elian’s Revenge« , dont la morale de l’histoire courte d’une désillusion relationnelle chiffrée est « hoe’s gon’ be hoes ain’t nuthin new ». Son indépendance, financière, elle l’affiche sans humilité sur « Money« , histoire de fermer des bouches.

Petit bémol, l’homogénéité trop prononcée des instrumentaux. Elle dissipe l’arôme de menthe fraîche et le goût sucré, comme un Malabar mâché trop vite, ou un mojito bu en trois gorgées où il ne reste plus qu’à aspirer le sucre de canne glissant au fond entre les glaçons. Mais cela n’enlève en rien la texture pétillante de ces beats plein d’énergie, et surtout, Leikeli47 assure pleinement le show et le fun avec attitude et fantaisie. Une claque qui laisse des marques de doigts et un gros fuck aux conventions.

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