Murs is « Captain California » @@@½


Captain California est le 21e album studio de Murs (sans compter ses débuts avec les Living Legends ni ses autres EP divers), son dixième en solo, plus spécifiquement son second album chez Strange Music (structure de Tech N9ne) après le relativement chiant (faut le dire) Have a Nice Life. Des chiffres qui démontrent qu’en 20 ans de carrière Murray n’a pas du tout chômé malgré des hauts et des bas. Et par rapport à son prédécesseur sorti deux ans plus tôt, Murs is Captain California est un peu plus haut.

Il y a toujours un nombre de facteurs qui font qu’il est impossible de ne pas kiffer Murs, d’abord parce qu’on adore écouter ce qu’il a à dire, parce qu’il a l’air super sympa et qu’il n’a pas du tout le melon. Alors forcément, on allait pas bouder la sortie d’un nouvel album qui en plus s’appelle Captain California. Et en effet, il s’avère l’écoute en vaut la peine parce que cet album contient des morceaux bien cools, à commencer par « Lemon Juice » (concours d’amoureux entre Murs et Curtiss King), des titres crossover soul/r&b du style « 1000 Suns » et « Shakespeare on the Low« , ou bien des extraits qui font réfléchir comme « God Bless Kanye West« , qui évoque ce mal moderne qu’est la dépression (un sujet dont on entend de plus en plus parler dans le rap en ce moment), et plus sérieusement « Summer« . Ce dernier interpèle car, comme le rappeur l’explique texto, il n’a rien d’un hit à écouter au bord de la mer, mais parle d’un mec incarcéré qui attend le jour de sa sortie de prison durant la saison chaude afin de régler ses comptes.

Plein de choses intéressantes sont au menu parmi les douze pistes de Captain California (si on retire la treizième et dernière où ce n’est que du blabla avec un instru en fond), mais il y a de bonnes raisons de redouter quelques sons pouvant bâcler l’écoute dans cet ensemble très hétérogène produit par Seven (producteur attitré de Tech N9ne), DJ Fresh ou Wax Roof. Dans le style de la maison Strange Music, « Another Round » (feat Krizz Kaliko) sonne comme tout un tas de titres de rap radio-friendly très passe-partout (vous savez, avec le refrain pop inutile), « Colossus » moins mais ce single assez fade ne correspond pas à l’image underground que l’on se fait de Murs. Sans parler de certains beats qui tombent à plat comme « One Uh Those Days » qui ne met hélas pas la rappeuse Reverie en valeur. Le funky « Xmas & Thanksgiving » n’a rien de joyeux, une histoire de prostituée parmi tant d’autres -d’histoires et de prostituées- vue sous un angle réaliste, et qui s’ajoute à des dizaines d’autres feuilletons de ce genre que Murs a l’habitude de nous raconter depuis des lustres. Ah… Murs et les femmes, il a toujours des tonnes de trucs à dire sur elles, mais dans le respect s’il-vous-plaît.

Pour varier les plaisirs, Murs sort de sa zone en confort en posant sur des bangers mi-lourds que sont « Animals Damnit » et « Ay Caramba« . C’est sûr qu’on s’éloigne grandement des prods de 9th Wonder qui, pour un grand nombre d’entre nous, nous ont familiarisé avec le rappeur californien. Mais pour revenir conclure rapidement sur cet opus, retenez que Captain California n’a pas besoin d’être un Marvel pour être cool.

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