Run the Jewels « RTJ3 » @@@@½


Rien de tel qu’un album de Run The Jewels sous la sapin de Noël pour conclure une année 2016… mortelle. Chouette cadeau de la part du meilleur tandem rap de ces dernières années Jaime & Mike, et gratuitement pour le digital, comme à leur habitude.  Réaction à chaud -> :emoji feu::emoji feu::emoji feu:

C’est là pour télécharger gratuitement →

Pour ce troisième volume, le fond est bleu et les monstrueuses mains ne tiennent plus de bijoux, elles sont devenus des bijoux en se transformant en or. Outre ces évolutions d’ordre graphique, les Run The Jewels sont redevenus totalement indépendant après un passage chez Mass Appeal pour le volume 2 paru fin 2014. Leur notoriété n’a pas faiblit, au contraire, tout comme leur énergie bien que ce troisième épisode soit moins explosif que le précédent.

« I hope with the highest of hopes
That I never have to go back to the trap
And my days of dealing with dope
So I, I only spit fire and dope
So later on you can go quote
My lines to your people and folk »

C’est sur ces mots de Killer Mike que démarre en beauté RTJ3. Lui et El-P n’ont jamais cessé leur service, notamment Mike qui s’est investi dans la campagne présidentielle en faveur du candidat Bernie Sanders. Le double mixte révolté revient bousculer les esprits avec des instrumentaux retentissants comme à l’accoutumée, sur des productions signées par El-Producto (et co-produits par Little Shalimar) qui évoluent crescendo vers des sonorités plus électro de « Down » à l’atomiseur « Call Ticketron« , jusqu’à nous faire littéralement disjoncter sur le speed « Stay Gold« . Toujours avec des beats parfois complexes et fouillés, agrémentés de gimmicks hip-hop old-school. Autre carnage, « Panther like a Panther » qui a servi de synchro pour le jeu vidéo Gears of War 4, dans son mix avec la baddest bitch Trina au refrain. RTJ3 est le théâtre de quelques collaborations audacieuses, comme ce supplément saxophone joué par Kamasi Washington (Kendrick Lamar, Thundercat…) qui apporte un caractère presque expérimental à « Thursday in the Danger Room« .

Les Run The Jewels n’offrent aucun répit, ça dézingue à tout-va, ça tire à boulets rouges. Même s’ils appellent au calme d’une certains façon, comme sur l’extrait « 2100 » en réaction à l’élection de Donald Trump et « Everybody Stay Calm » puisque c’est écrit dessus (quoique, il y a implicitement une incitation au bordel), et Mike qui balance des phases de dingue comme « I’m the Nelson Mandela of Atlanta dope sellers ». « Hey Kids (Bumaye) » est clairement un brûlot anti-capitaliste qui appelle au soulèvement contre les classes dominantes, El-P concluant par « Run The Jewels’ll make last beath Brexit » avant de passer la main à ce foufou de Danny Brown. Et comme si ça ne leur suffit pas pour nous (faire) secouer la tête, ils achèvent l’album par un double-morceau « A Report to the Shareholders/Kill Your Masters » (qui réinvite Zach de la Rocha) pour cette piqûre de rappel : réveillez-vous et rebellez-vous. Jamais essoufflés ni en panne d’inspiration, les RTJ complètent par des morceaux liés à leur groupe de « voleurs » (‘run the jewels’ signifie ‘file les bijoux’), avec « Don’t Get Captured » et le morceau concept d’anticipation « Thieves« . Ainsi que d’autres clins d’oeil subtils à LL Cool J, à qui ils doivent le nom du groupe.

Une fois encore, j’ai eu cet air-là en écoutant RTJ3:

boom

Ce volume 3 se situe entre de l’action surdosée à la Michael Bay, des textes aussi savoureux qu’un Tarantino, et un scénario politique/montage digne de David Fincher. Pour le moment, les Run The Jewels nous ont accordé une super trilogie, et nous sommes prêts, voire demandeurs, pour un RTJ4.

 

 

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