T.I. « US or ELSE: Letter to the System » @@@½


Celui qui s’était autrefois couronné King of the South a continué son jeu des chaises musicales. Après sa pige chez Columbia avec le pas terrible Paperwork (co-produit par un Pharrell Williams hors du coup) et un EP Da Nic’ chez Empire Distribution (sous son autre pseudo Tip), son altesse sérénissime T.I. a finalement entériné un deal avec Roc Nation, la compagnie du richissime Jay-Z. La tournure des événements est devenue plus intéressante lorsqu’il s’est engagé en politique, d’une certaine manière, avec un nouvel EP US or ELSE à la rentrée 2016, prenant la parole en tant qu’artiste en faveur du mouvement Black Lives Matter. Sa version longue est sortie sans annonce à la fin de l’année, en digital uniquement (pour le moment).

Pas de promo, pas de gros singles mainstream, aucun super-producteur, des noms en featuring qui ne disent absolument rien, pas de ventes en physique, le succès commercial n’est semble-t-il pas le but recherché de cet opus. Tout cela, ça sera probablement pour le prochain disque Dime Trap. Et c’est loin d’être une mauvaise nouvelle. Malgré tout cela, le streaming (dont 5 jours d’exclu Tidal) lui a permis de s’intercaler à la 36e place des ventes aux US pour ce dixième album studio. Pas fameux, mais pas mal non plus. Non le but est de développer des sujets autour de la condition des afro-américains à l’heure d’aujourd’hui (racisme violences policières, pauvreté, emprisonnement…), une campagne présidentielle moribonde pendant la quelle les langues racistes se sont déliées et cette issue invraisemblable que nous connaissons avec l’élection de ce trou du cul de Donald Trump. Tout ceci renforce les raisons de l’existence de US or ELSE : Letter to the System. En parlant de lettre, T.I. en a adressée une à Barack Obama.

On salue cette démarche moins ambitieuse sur le plan marketing par rapport à ses bestsellers, moins noble peut-être niveau budgétaire, pour en arriver à un point de vue de modeste citoyen. Et c’est d’autant plus étonnant de la part d’un poids lourd du mainstream. T.I. amène des propos forts, notamment sur « Warzone » (« Witness say suicide, I say genocide »), en écho au slogan « I can’t breathe ». Peut-être qu’il arrive un cas de conscience collective avec ce qui s’est produit ces deux dernières années et Clifford Harris n’apparaît comme une personne opportuniste, ses textes résonnent de manière crédible, sans intentions de self-reward bien faire preuve de sagesse soit bénéfique pour son image, avec en référence Malcolm X et MLK évidemment. Ce n’est pas compliqué pour lui de relier la politique à l’environnement qui l’entoure. On pourrait déceler chez lui une certaine sensibilité lorsqu’il dit « I dont wanna go to jail again » sur « Take da Wheel« . Il y a quelque chose qui a changé chez lui, c’est indéniable. Et c’est là que sa femme a demandé le divorce.

En dehors des paroles avisées marmonnées par notre rappeur d’Atlanta, le choix des prods (signées Nottz, son fidèle Lil C, Mars, Mike & Keys…) se porte entre beats trap (sans un Metro Boomin, Mike Will ou DJ Toomp) et d’instru à base de savoureux samples de soul (« Warzone« , le smooth « Letter to the System« , « I Swear« ), parfois les deux ensemble comme « Black Man » (feat Quavo des migos et Meek Mill) qui utilise un sample de choeurs gospel. En parlant de featuring, la venue de Killer sur « 40 Aces » est un soutien de taille vue sa renommée actuelle et Big K.R.I.T. donne envie de rider sur « Switchin Lanes« . Autre star : Charlie Wilson sur le titre crossover « Here We Go / Don’t Fall for That« . T.I. ne cache non plus ses références à 2Pac sur « Writers » et « Picture Me Mobbin’ » gâché par The-Dream (désolé mais sa voix ne passe pas). Puis il faut compter sur plein de petits nouveaux : London Jae, Translee, Gizzle, B.o.B. (pardon).

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