Yasiin Bey x Ferrari Sheppard « December 99th » @@½


Pfiouuu… Dans quels démêlés s’est empêtré Mos Def… pardon, Yasiin Bey. Séparé de sa femme Canadienne dont il n’a toujours pas divorcé, a vécu illégalement en Afrique du Sud pendant deux ans avec un visa expiré avant d’être prié de quitter le pays fin 2016 avec interdiction d’y remettre l’orteil, pays qui l’a accusé de quitter le sol avec un faux passeport… Et au milieu de toutes ces affaires peu reluisantes, le rappeur de Brooklyn a annoncé vouloir mettre un terme à sa carrière, alors qu’on attend toujours les fruits de sa signature chez G.O.O.D. Music, sans parler d’une rumeur d’un retour des Black Star en studio. Comme ça. Mais il ne part pas sans rien…

December 99th (ou Dec 99th) est l’album éponyme du duo que Mos… Yasiin forme avec le producteur sorti de nulle part dénommé Ferrari Sheppard, un journaliste et photographe originaire de Chicago qui fait de la prod chez lui dans son coin à ses heures perdues. Aucun antécédent musical dans son CV, paraît-il qu’il a rencontré Mos Def en Ethiopie avec qui il a fraternisé sur des trucs très arty. Il s’agit là de son premier projet musical sérieux, et à vrai dire, vu sous cet angle, ça ne donne pas franchement confiance… Et vous avez raison d’être un poil méfiant : cet album est inclassable. Les premières secondes ne rassurent pas spécialement avec les orgues pieux et solennels de « NAW« , un peu comme se rendre compte qu’on a eu la mauvaise idée d’aller voir un film français qui nous fera bailler une heure et 100 entrées. Puis des nappes d’électro arrivent quand Mos commence sa messe.

La musicalité est tout du mieux exploratoire (pas nécessairement expérimentale que ce sont des sonorités que l’ont peut entendre dans des genres « hors-rap »), laissant entendre des petites choses intéressantes à sauver mais qui ne laisserons aucun souvenir précis. Quelques titres facilement écoutables comme « Blade in the Pocket » et « Shadow in the Dark« , que votre cerveau lavera de toutes traces d’ici une semaine ou deux. Mos Def, comme ses deux précédents, albums, reste au maximum superficiel, il ne va pas au fond des choses, ne marque pas les esprits, freestyle en chantant ou rappant continuellement au gré de ce qui lui traverse la tête. Il a ce don de nous ennuyer en beauté comme sur « IT GOES » et son beat aquatique. La douceur de sa voix semble au-délà du réel sur « SPESH« , plane totalement, ou alors c’est nous qui planons comme sur le lunaire « Special Dedication » (qui est la suite de « IT GOES » dans le texte).

Je l’ai probablement dit par le passé, mais cette formule m’est revenue : Mos Def (OUI JE SAIS IL FAUT L’APPELER YASIIN BEY MAIS J’EN AI MARRE) excelle dans l’art de nous frustrer, la faute ses choix artistiques douteux. December 99th, son premier album depuis huit ans je le rappelle, n’a aucun sens. Quel gâchis alors qu’on sait, et lui sait, qu’il est un MC absolument génial et dangereux. C’est le meilleur MC à avoir la discographie la plus insatisfaisante, après de brillants débuts avec Black Star et le classique Black on Both Sides, et un peu The New Danger. Un vague espoir subsiste, deux prochains autres albums, un solo et un collab LP avec Mannie Fresh annoncé de longue date, parfaitement improbable, et consequemment qui suscite un vif intérêt.

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