Charles Hamilton « Hamilton, Charles » @@@½


Dire qu’on a failli l’oublier complètement celui-là, et pour cause. Puisons dans notre mémoire quelques secondes pour revenir en 2008. Charles Hamilton voit venir la vague en posant fièrement pour la promo des Freshmen XXL (aux côtés de Wale, Asher Roth ou encore B.o.B), grâce à un album auto-produit (The Pink Lavalamp) et des mixtapes téléchargées par milliers (dont Outside Looking parrainée par DJ Green Lantern). Il signe parallèlement un deal avec Interscope par le biais de Pharrell Williams tout en approvisionnant son public en mixtapes. Tout semblait bien parti pour lui puis… perte de signal radio pendant sept ans.

Un premier album en major annulé (The Perfect Life), des troubles mentaux (dépression, bipolarité) qui l’ont aspiré telle une lame de fond vers un anonymat, le rappeur geek de Harlem se rattrape contre vents et marées avec des mixtapes de nouveau pour garder la tête hors de l’eau jusqu’à reprendre pied en 2015 avec un deal chez Republic, filiale d’Universal, qui publie ce nouvel album digital portant son nom.

Un album de douze morceaux qu’il a entièrement réalisé (avec l’aide de The Invisible Men à la production) avec lequel on découvre les multiples facettes du garçon, du vécu, du très personnel (« Only Christina Knows« , « Real Life« ) avec des instrus tout aussi variés. Charles Hamilton peut aussi bien faire un truc à la Just Blaze (« Man’s World« ) que des variantes r&b moderne (« Make Yourself Over« ) ou funky (« Be With You« ). Point important : il est seul. Mais je pense qu’il a conscience qu’il ne fera pas l’exploit d’un J.Cole (qui a tout de même une multitude de producteurs avec lui), si ce n’est de s’auto-suffire et convaincre (l’exercice « MVP« ). Dans l’ensemble, cet opus offre un rendu très propre, frais et accessible, pour ne pas dire tout-public (hormis les habituels blasphèmes inhérents au rap). Manque un banger ou un coup d’éclat qui permettrai une réelle accroche.

L’eau a coulé sous les ponts et le rap a très vite évolué depuis le moment où il a percé, mais Charles, lui, n’a pas tant changé, il est resté lui-même sans avoir cédé aux sirènes des beats traps ou de l’autotune. Hamilton, Charles n’était pas du tout attendu néanmoins le rappeur mérite amplement d’être défendu. Il n’est jamais trop tard pour repartir du bon pied et retrouver du soutien.

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