Smoke DZA & Pete Rock « Don’t Smoke Rock » @@@½


Les albums collaboratifs ne sont plus des singularités épisodiques (comme Murs et 9th Wonder) ni une mode. Depuis 2012 qu’on en parle sans arrêt, c’est devenu une habitude. Il y a eu des tandems qui ont merveilleusement bien fonctionné et qui sont devenus des groupes à part entière (on pense évidemment aux Run The Jewels), d’autres qui sont des habitués à ces formes de co-existences (Blu, Apollo Brown, Madlib).

Mais à chaque fois qu’un collab LP est annoncé, l’inattendu est de mise, le fait de savoir qui taffe avec qui d’abord (surtout s’ils ont peu de choses en commun), reste à savoir quelle forme prendra l’album, comme pour une équation alchimique entre deux éléments. Ceci dit, on sait d’expérience en se basant que tous les ces collabs LP sur le marché que prédire le degré d’originalité, le degré de symbiose et la qualité générale de l’ensemble en fonction de l’inédite combinaison des protagonistes n’est pas du tout une science exacte. Léger suspens pour savoir ce qu’il en est de Don’t Smoke Rock de Smoke DZA et Pete Rock paru chez Babygrande.

Si vous être un minimum perspicace, vous aurez noté que dans ‘Don’t Smoke Rock’, il y a Smoke pour notre gros fumeur DZA et Rock pour ce fossile vivant de Pete Rock. Une génération sépare ces deux new-yorkais donc il était inévitablement intéressant de voir de quoi il retourne. Dans les faits, c’est le Kush God qui a pioché parmi des beats rocheux, sachant que ça fait depuis NY’s Finest que Pete Rock est devenu une relique. Plus dans le coup? Ah ça non, les treize beats (et même plus car il y a toujours ces outro typiques de PR) sont certes très traditionnels au demeurant (« Limitless » qui démarre l’album, le très boom-bap « 1 of 1« , « Wild 100s« , « Show Off« , …), pas tout neufs, mais ont cette caractéristique logique de sortir des tendances actuelles en revenant à la source, vers du « real hip hop » comme diront les puristes. Revenir à un son new-yorkais plus originel n’est pas synonyme avec original même si ça rime presque pareil.

Un contrepied voulu par Smoke DZA ce qui lui permet de sortir de sa zone de confort pour élever son niveau de technicité sur ces vieux samples piochés par  le légendaire Soul Brother n°1. En tout cas il réussit l’exercice puisqu’on le prend plus au sérieux sur des morceaux comme « Limitless« , « 1 of 1 » et « I Ain’t Scared« . D’autres track sortent du lot comme le single « Milestone » (avec BJ The Chicago Kid, Styles P, Jadakiss et un beau sample de piano) et le conceptuel de « Hold the Drums » avec un instru sans caisse ainsi qu’une apparition de Royce Da 5’9. Don’t Smoke Rock contient un nombre impressionnant de guests de tout bord, certains dont on aurait jamais imaginé un jour poser sur du Pete Rock. Dans la foule, on entend Dave East, Cam’ Ron (sur le lourd « Movin Weight pt1« ), Wale (sur « Show Off« ) et Mac Miller transparent avec sa voix pâlichonne sur « Until Then » au point qu’on pourrait l’effacer en baissant un peu le volume. DZA et Pete Rock se paient le luxe d’inviter Rick Ross sur le beat classe de « Black Superhero Car« , et une partie des membres de la Jet Life, Curren$y, Big K.R.I.T., s’associent à Dom Kennedy et le chanteur TheMIND sur le tout aussi luxueux « Dusk 2 Dusk« . Il arrive aussi occasionnellement que Pete Rock prenne le micro à son tour pour de courts passages, histoire de ne pas laisser Smoke DZA un peu trop seul.

Pour noter Don’t Smoke Rock en fonction des critères cités plus haut:

  • Originalité = 3/5
  • Symbiose = 4/5
  • Qualité générale = 4/5

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