Vinnie Paz « The Cornerstone of the Corner Store » @@@½


Ce vieux bougre de Vinnie Paz rempile avec The Cornerstone of the Corner Store, son troisième album en solo, quatre ans après God of the Serengeti. Assassin verbal, Dieu martial, maintenant le membre éminent des Jedi Mind Tricks et Army of Pharaohs vise un statut plus modeste et terre-à-terre, celui de simple spectateur de son coin de rue, du quotidien des quartiers de Philadelphie.

Pour comprendre comment Pazienza peut être aussi productif et capable d’écrire des textes aussi riche et des fresques parfois épiques, il faut un minimum connaître son passif, sa discographie, sa personnalité, ses centres d’intérêts. Cela ne fait aucun doute que ce rappeur d’origine sicilienne converti à l’Islam est un féru de mythologie de toutes sortes (égyptiennes, romaines, grecques, etc…), d’histoire de la guerre et de religions au fil des âges. Pour sa voix rocailleuse, c’est son côté mordu de Heavy Metal. Avec ce bagage et ce savoir, Vinnie est une richesse culturelle à lui seul.

Ce véritable monstre microphonique n’est pas un individu rare puisqu’il est crédité sur au moins un album par an. L’année dernière c’était avec The Thief and The Fallen des JMT, une bonne surprise alors que le groupe souffrait d’un manque de renouvèlement. Le renouvèlement c’est un peu ce qu’il fait défaut à Vinnie Paz, strictement fidèle au rap hardcore et sanguinolent. C’est compliqué de lui reprocher une telle approche sur The Cornerstone of the Corner Store avec des tueries comme « Iron Tusk » (avec un Conway qui monte en puissance) et « Gospel of the Worm » featuring Ras Kass. Produit par C-Lance (qui gère aussi les prods pour AOTP), J-Zone, Buckwild, 7L, l’acolyte Stoupe, Oh No ou encore Psycho Les (Beatnuts), ce nouvel album de Vinnie ne sort pas de son carcan habituel, à savoir des sonorités lugubres, rock ou des mélodies de synthétiseurs. Tant mieux ou tant pis, je vous laisse juge.

Si ce disque est l’occasion pour lui d’écrire sur le coup de certaines réflexions personnelles, Vinnie ne change pas non plus ses habitudes d’écritures, et à moins se passionner pour ses textes (c’est toujours un plaisir parfois sadique de l’écouter), on se rend compte que son approche pour arpenter un thème et son style d’écriture n’ont que peu évolué depuis dix ans. Les références et les métaphores changent, les histoires n’ont pas la même fin, il n’y a pas de redite, il dit juste de nouvelles choses avec des méthodes, structures et techniques inchangées. Comme mes chroniques haha. Parmi les nombreux feats, un Ghostface Killah qui n’a l’air d’avoir dormi assez la veille sur « Herringbone« , le binome du D.I.T.C. AG & OC font le job sur « Hakim« , Malik B (ex The Roots) réapparaît de nulle part sur « Pistolvania 2 » et Agallah re-refait la paix sur « Acalpurrias« .

The Cornerstone of the Corner Store est moins surprenant que ses deux premiers solos sur lesquels Vinnie Paz tentait de varier ses goûts. Reste sa masse, lourde, avec ses dix-neuf titres mais vu que les pistes sont relativement courtes (un peu plus 3minutes en moyenne), il n’y a pas de places pour les longueurs, sauf sur le final « Writings on Desobedience and Democracy« , une réflexion fleuve politico-philosophique.

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