Alicia Keys « HERE » @@@½


Sept ans que je n’avais pas écouté un album d’Alicia Keys, depuis The Element of Freedom. Un bail. Depuis qu’elle a plongé dans la soupe pop en gros. Et « Girl On Fire » m’a cassé les oreilles et le morceau produit par Dr Dre était hyper décevant, forcément je n’ai pas insisté. Puis de toute façon, je la boudais depuis son union avec le producteur Swizz Beatz, c’est comme ça, na. Mais en la voyant avec son look ‘naturel’ l’espoir renaquit en moi. Comme quoi, l’image importe beaucoup et elle n’est pas trompeuse, Alicia a mis du vin de messe dans son eau bénite avec HERE.

Alicia Keys est entrée dans un processus créatif très rapide puisque HERE a nécessité un mois de travail, ce qui peut expliquer la cohérence de ce sixième album. La couleur est données dès les premières chansons « The Gospel » et « Pawn It All » : retour à la soul. Alleluia ! Elle a composé en compagnie de Mark Batson et son époux Swizz Beatz (scrogneugneu…), Swizzy qui ressort presque le même beat sur ces 2e et 3e pistes soul et gospel. Du très bien et du un petit peu moins bien, faites la somme. Il arrive que la chanteuse délaisse le piano pour les guitares, ce qui diminue l’intérêt de l’écoute (la balade « Blended Family » avec l’unique guest A$AP Rocky) mais pas la valeur, surtout « Kill Your Mama » co-écrite par Emily Sandé. Pharrell Williams signe avec discrétion le doux « Work On It » avec ses choeurs d’enfants joués comme de notes.

Le morceau coup de coeur de HERE n’est autre que « She Don’t Really Care/One Luv« . Un beat hip-hop (similaire à « Bonita Applebum » des Tribe Called Quest et « Killing Me Softly » des Fugees) pour commencer, un passage de Roy Ayers et ça passe enfin sur l’instru rejoué de « One Love » de Nas. Moment magique. Alicia Keys a cessé aussi de crier dans tous les sens comme si elle était dans un stadium à NOUUUUUILLOOOOOOOOOOORC, et ça fait du bien qu’elle baisse d’un ton. Plus de sobriété est un signe de maturité, bien que ça fasse au moins plusieurs albums qu’on parle de maturité mais la maternité et l’inspiration retrouvée jouent énormément.

Elle écrit ici de superbes chansons (« Illusion of Bliss », « Where Do We Begin Now« , « Girl Can’t Be Herself« ) aux textes qui font parfois écho au contexte actuel aux Etats-Unis, le rôle de la femme aussi, comme l’a fait Beyoncé ou même plus récemment -et c’est rare pour être souligné de la part d’un homme- Common sur Black America Again. C’est juste dommage, si Alicia avait transposé ses paroles sur un fond plus soul encore, le résultat n’en aurait été que plus que satisfaisant… Le plus important, la chanteuse-pianiste revient sur la bonne voie, si on s’arrête avant le single pop « In Common« .

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